Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 12:12

lesfilles.JPG

 

Toujours sur la brèche, tel est notre mot d'ordre ! C'est pour cela que les filles de Pure Artmony n'hésitent pas, entre midi et deux, prenant sur le temps de pause (oui, vous avez bien lu) à faire de la veille en surfant sur des blogs de mode.


Petits extraits choisis d'une séance de critique objective :

« … Ça ne lui va pas du tout…

— Elle a de gros cuissots quand même !?

— Ouais, et les jambes arquées…

— Franchement, si j'étais gaulée comme elle, je m'habillerais différemment (rires).

— Mais comment tu fais pour marcher avec des talons pareils ?

— Je sais, je l'ai vu dans Gossip Girl : en fait, tu marches pas ! Le mec doit venir te chercher en voiture ! (re-rires)

— Oooh, regarde, c'est le "Muse", le Saint Laurent que je veux m'acheter !

— Oui, mais là faut quand même faire gaffe : si t'es toute maigre et que le sac est plus gros que toi, on ne te voit plus derrière… (re-re-rires) »


Sacrifier sa pause de mi-journée… Et oui, la performance est à ce prix !

 


Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : La vie d'Artmony - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Dimanche 23 octobre 2011 7 23 /10 /Oct /2011 18:17

 

bref-court L’agence était nominée aux trophées de la com. J’ai reçu le message à 10 heures. La soirée était à 19h30. J’ai mis une cravate. J’ai envoyé un sms à Tania. Elle m’a répondu : « cool ». Je suis allé le dire à Marion. Elle a levé les yeux de son mac, elle m’a dit : « Yessss ! », en faisant le geste qui va avec. Je l’ai aussi dit à Victor le stagiaire. Il m’a répondu : «  La fourrière a embarqué ma voiture. »

On a essayé de bosser toute la journée, comme si de rien n’était. Je faisais le mec décontracté en gribouillant un storyboard. En vérité, je ne pensais qu’à ça.

À 18h30 on s’est aperçu que la soirée était à 19h00, on a tous éteint nos ordinateurs. J’ai dit « on y va en métro ? C’est plus éco-citoyen. » Marion a dit : « Ok ». Victor a dit : « Je vais rater mon entrainement de rugby. » Tania a dit : « J’ai pas envie de marcher. » On a pris sa voiture. Tania a dit : « Tant qu’on y est tu peux prendre ce carton et le porter jusqu’à ma voiture ? » J’ai dit oui. J’ai soulevé le carton. J’ai fait : « Ouuff. » J’ai donné le carton à Victor le stagiaire. Il n’a rien dit. Il est sportif. On est allé à la voiture. J’ai dit à Victor de mettre le carton de livres dans le coffre. On a ouvert le coffre. Il y avait un photocopieur dedans. Marion et Victor ont voyagé avec le carton de livres sur les genoux. Tania a téléphoné à un client. Marion a reçu l’appel d’une cliente. J’ai appelé ma maman. Victor a appelé son entraineur. On est arrivés à la cérémonie, la salle était comble, c’était très officiel. Le président de Région a fait un discours. Il a oublié de saluer le conseiller général. Le conseiller général est parti. Il était tout rouge. Comme on est dans la pub, le président a parlé de la mort de Steve Jobs pour faire « dans le coup ». Il a dit Stève Jobs. Tout le monde s’est retenu de rire. Ils ont commencé à distribuer des prix. Tania m’a dit : « Je te préviens, si on gagne, tu y vas tout seul ». J’ai dit « Pas question ». Elle a dit : « Ok je viens , mais c’est toi qui parle ». J’ai dit « Ok ». Elle m’a dit : « Tu sais quoi dire ? ». J’ai répondu : « Non ». Et j’ai commencé à réfléchir à un discours. J’en étais à « Bonsoir… », quand notre catégorie est arrivée. On avait tous le trac. 3 agences étaient nominées. C’est l’agence Well Communication qui a gagné. On les a détestés. Steve Gallais, le patron de l’agence, brandissait le trophée comme si c’était la coupe Webb Ellis. On ne voulait pas passer pour des aigris, alors on a arrêté de les critiquer. J’ai tout fait pour étouffer ma jalousie. Je n’ai pas réussi. On s’est tassés sur nos chaises. Les prix ont défilés. Les lauréats se sont congratulés. J’ai posté un tweet : « Nominé n’est pas primé ». La cérémonie s’est terminée. Tania est partie. J’ai cherché le buffet avec Marion et Victor. J’ai pris un verre. Et puis un autre. Victor était au coca. Marion suivait le rythme. Le buffet était chiche. Le vin piquait un peu. À partir de 4 verres on s’est dit qu’on s’en foutait parce qu’on rentrait en métro. On est rentré en métro. J’avais mal à la tête. Marion a pris un Kebab. J’ai pris une aspirine.

 

Ce matin, en allant au bureau j’ai posté un tweet. : « Le président a félicité Stève Jallais ». Ça m’a mis de bonne humeur.

 

Bref, on a été nominé.

 

 

Texte parodique inspiré par le programme court "Bref" de Canal Plus

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : La vie d'Artmony - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Mercredi 20 juillet 2011 3 20 /07 /Juil /2011 08:44

Une petite image, glânée sur le web qui me fait sourire en même temps qu'elle me plonge dans une réflexion profonde sur mes bientôt 24 ans de carrière… Et vous, vous en êtes où ? Encore en train de galérer sur Indesign (étrangement absent du schéma, mais qui se situerait normalement au moins sur les 2 premiers à gauche), ou vous passez votre temps à remplir des grilles excel et à recevoir, contrôler et envoyer des PDF ?… À moins que vous ne fassiez partie des happy-few qui sirotent une coupe de champagne bien frais sur le pont d'un yacht, sans le moindre ordinateur à portée de vue ;-)

 

evolutionpublicite

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Communication et publicité - Communauté : graphisme
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Lundi 30 mai 2011 1 30 /05 /Mai /2011 17:12

  affichage-d-opignons

 

Cher(e) ami(e),

 

Tout d’abord, je veux te dire que je ne t’en veux pas. Si je vais jusqu’au bout de ma pensée on peut même considérer que je te considère comme une victime. Victime de la folie des hommes, victime de l’inconséquence de l’Éducation Nationale, victime de la décadence linguistique de notre pays. J’ai lu récemment dans le courrier des lecteurs de Télérama (dont je suis un inconditionnel ) que c’était de la faute de Claude Allègre (encore lui, décidément…) et de sa stupide réforme, si toi et l’ensemble de ta génération étiez désormais incapables d’écrire votre propre langue correctement. Mais quelle que soit l’origine réelle de ton acculturation progressive, quand on y réfléchit, franchement, ça fait peur ! Tu ne sais plus conjuguer les verbes, tu ne connais plus la différence entre un participe passé et un infinitif, tu ignores les accents, la grammaire, la syntaxe…


Te voici, toi, graphiste, toi dont le rôle est de mettre en forme des messages de communication visuelle, désormais étranger à ce qui constitue une des bases de ton activité : le texte. Comment peux-tu intégrer et appliquer des règles typographiques, complexes et précises, alors que tu ne maîtrises pas des règles orthographiques censées être acquises depuis l’école primaire ? Comment pourras-tu définir des quarts de cadratins insécables, jongler avec les garaldes, jouer du corps de chasse, alors que tu ne fais pas la différence entre un pronom possessif et un pronom démonstratif ?


Vois-tu, graphiste, l’auteur nous confie son message, il nous confie son texte et notre mission est de le magnifier. Nous devons en prendre soin, le choyer, le comprendre et l’aimer. La typographie est son écrin, la mise en page son carrosse, l’affiche son paysage. Qu’il soit court comme une accroche ou long comme un roman, le texte est notre raison d’être. Il est notre matière première, comme la pierre du sculpteur ou la brique du maçon. Nous sommes les gardiens du temple, et si nous, ouvriers des mots, bâtisseurs de cathédrales visuelles, abandonnons ce qui fait l’essence même de notre mission, qui remplira ce rôle à notre place ? Personne.


Bien sûr j’en entends déjà certains me dire : « Patience, bientôt, les enseignants, les employeurs, les correcteurs ne sauront plus eux-mêmes ce qu’est l’orthographe. » Pas faux : on remarque çà et là des signes avant-coureurs de cette époque qui s’annonce. Oh, par petites touches : un panneau de signalisation, un journal, une appréciation sur un bulletin de notes, le langage de nos hommes politiques. Ce n’est qu’une question de génération, finalement.


Mais, cher(e) jeune ami(e), tout au fond de moi une mélodie nostalgique chante en sourdine un bien triste refrain : la langue, par ses nuances comme ses règles incarne la pensée d’un peuple. Si tu m'autorises cette analogie, lorsque le corps se dégrade, il est temps pour l'âme de s'en aller.

Autrement dit, un peuple qui perd sa langue, perd son esprit et sa culture. 

 

Bien à toi…

 

POISSONERIE

Ah ben là, c'est une belle connerie (avec deux "n")

 

 

IMBATABLE

Ouf ! la faute est corrigée… C'est sûr, en orthographe ce graphiste est imbattable (avec deux "t") 

 

 

 

Image 2

 

Merci à Alexandre pour m'avoir communiqué cette magnifique perle venant du site de la Société Générale dédié aux professionnels !

 

 

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Quant à toi, si tu me renvoies un torchon pareil, je le publie sans flouter tes coordonnées !

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Des mots… - Communauté : graphisme
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 08:38

© Pure Artmony

 

À la faveur d'une dérive regrettable, des idées xénophobes, voire racistes, se banalisent en France au plus haut niveau de l'État (voir la condamnation de Brice Hortefeux pour injures raciales), comme dans les grands médias (voir la récente condamnation d'Éric Zemmour pour provocation à la haine raciale). Quelles que soient les raisons de ces débordements irresponsables (racisme ordinaire, calcul électoraliste ou positionnement différenciateur dans la société du spectacle) le mal, lui, progresse, telle une gangrène. Face à cette forme de décadence éthique, nous pouvons heureusement louer des actions positives, comme celle de l'European Coalition of Cities Against Racism.

 

Sous l'initiative de l'UNESCO, l'E.C.C.A.R. a été créée en décembre 2004 afin de mettre en place un réseau de villes souhaitant partager leurs expériences et méthodes pour combattre le racisme, la xénophobie et les discriminations. Il regroupe aujourd'hui 104 municipalités, réparties dans 22 pays d'Europe. Un plan d'action en 10 points, consultable sur le site de l'E.C.C.A.R. cadre les grandes lignes de leur action.

Aux côtés des poids lourds (Madrid, Paris, Rome, Berlin, Glasgow, Genève, Odessa, Sarajevo, Stockholm, etc.), des villes moyennes et petites agissent également : Lyon, Nantes, Sarcelles, Pontault-Combault et… Toulouse !

 

En 2011, sous l'impulsion de Jean-Paul Makengo, adjoint au maire de toulouse, en charge de la diversité et de l'égalité ainsi que de la police administrative, Toulouse prend le leadership de l'E.C.C.A.R. en matière de communication. L'agence Pure Artmony s'est vue confier la réalisation d'un visuel universel destiné à être diffusé et décliné dans l'ensemble des villes du réseau européen pour l'année 2011. Une fois de plus, nous sommes fiers d'avoir été choisis pour servir une cause qui nous est particulièrement chère.

 

Ce visuel positif symbolise la diversité ethnique, unifiée (et donc acceptée) sous les couleurs de l'Europe. Le drapeau Européen, qui leur "colle" littéralement à la peau, estompe les différences. Tous unis, sous un même drapeau, sous une même citoyenneté européenne.

 

 

Quelques aperçus du Making Of :

Direction de la création : Emmanuel Quéritet

Direction artistique : Séverine Carll

Photographe : Polo Garat

Maquilleur : Olivier Chauzy

Modèles : Alana, Coline, Nawel, Jean-Julien, Abdelkader, Marius.

 

ECCAR 0283

Alana (la schtroumpfette)

 

ECCAR 0287

Jean-Julien (Avatar)

 

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Trois sourires d'anges bleus (Coline, Nawel, Alana)

 

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Dans la vie il faut savoir commencer au bas de l'échelle…

 

ECCAR - Pure Artmony

Maître Polo dans ses acrobaties

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Politique-Citoyenneté - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 19:12

Hier soir, comme des milliers (millions ?) de téléspectateurs j'ai pu découvrir la nouvelle tenue de l'équipe de France de foot. Quelle surprise ! Un maillot sobre et élégant qui tranche carrément avec ce qu'on avait pu voir auparavant. On le sait les stylistes des grandes marques de sport proposent chaque année de nouveaux design… Mais qu'est-ce qui a bien pu motiver aujourd'hui ce retour à une simplicité que l'on croyait disparue ?

 

bleus-afrique-du-sud-1110Le traumatisme de l'Afrique du Sud

L'épisode peu glorieux de la dernière coupe du monde de football a brisé quelque chose dans l'image des sportifs autant que dans le cœur des supporters. Trop, c'était trop. Une bande de jeunes millionnaires partis à la dérive, un coach qui avait perdu de longue date toute autorité sur son groupe et un spectacle final déplorable livré à la face du monde entier ont dégradé de façon violente l'image de ce qui jusque-là était le sport le plus populaire en France.

Les valeurs originelle de ce sport d'équipe avaient dérivé vers un individualisme forcené, une absence totale de solidarité, et des comportements de stars de la part des joueurs. Plus que tout, une espèce de "Bling-Bling attitude" s'était durablement installée.

Le maillot de 2010, surchargé de fioritures, autant que l'attitude de certains joueurs étaient représentatifs de cet état d'esprit que l'encadrement de l'équipe avait laissé s'installer.

 

 

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Des attitudes de stars du show-biz

 

Le résultat de cette funeste plaisanterie a eu des conséquences lourdes pour la Fédération Française de Football. On a appris récemment que le nombre de licenciés dans les clubs de football a baissé de 8% depuis la désastreuse campagne du mondial. C'est donc la vitalité même de ce sport qui s'est retrouvée en danger à travers la diminution du réservoir de joueurs potentiels.

 

 

Le retour aux fondamentaux

 

Face à cela le nouveau maillot de l'équipe de France est éloquent sur le virage à 180° qui a été pris par la fédération. Son design "rétro" signifie de façon évidente que le football français revient vers ses valeurs sportives de base dans un grand mouvement de retour aux traditions. L'humilité, la solidarité, la sobriété, contre la vanité, l'individualisme et le "bling-bling".

 

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Fini les fioritures, nous sommes là pour respecter les couleurs traditionnelles de notre drapeau. Le message envoyé au public est très clair. Le foot redeviendra ce qu'il était avant. Car tout le monde sait, qu'à l'heure où "tout fout le camp" (tout foot le camp ?) c'était bien mieux "avant". Je vous laisse apprécier selon votre sensibilité ce retour vers des valeurs refuges. Et comparer avec cette photo de l'équipe de France de 1937, avant un match contre l'Italie.

 

Image 3

 

Un maillot uni et sombre, cintré, avec col à boutons, poitrine frappée du coq,

short blanc et chaussette rouges… Vintage is beautiful !

 

 

 

Post scriptum, du coq à l'âne

À toutes celles et ceux qui apprécient ce type d'analyse sémiologique je recommande très chaleureusement la réédition illustrée de "Mythologies" de Roland Barthes aux éditions du seuil (oct 2010).

 

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Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Presse, édition, médias - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Vendredi 14 janvier 2011 5 14 /01 /Jan /2011 00:00

VoeuxMaireMailDéjà 4 mois que je n'ai pas mis à jour ce blog ! Et pourtant, il y aurait beaucoup à raconter. Tenez, par exemple l'automne 2010 m'a vu piloter une très belle opération initiée par la Mairie de Toulouse. Jugez un peu : il s'agissait de mettre en valeur la créativité des étudiants toulousains en leur faisant réaliser le visuel des vœux du Maire. Vu comme ça, ça a l'air simple, mais en réalité l'exercice est une véritable opération de communication publique. On envoie un signe fort au public sur l'importance donnée à la population étudiante. Par ailleurs, le moment des vœux est une prise de parole à part dans l'année, pendant laquelle on peut affirmer ses valeurs, dévoiler des tendances, voire une politique.

 

La mécanique du projet

Le principe est simple : chaque année, une école d'arts appliqués toulousaine différente se verra confier la réalisation du visuel à partir d'un cahier des charges précis. Les projets, fournis par tous les étudiants d'une classe sont notés à partir d'une grille de critères par un jury composé de conseillers municipaux, de membres de la direction communication de la ville et des directeurs des principales écoles d'art. Le projet ayant recueilli la meilleure note sert de visuel pour l'ensemble de la campagne de vœux. 

 

L'ESMA essuie les plâtres, le jury tranche.

Il se trouve que, parallèlement à mes activités au sein de l'agence, j'enseigne la création publicitaire à l'École Supérieure des Métiers Artistiques. Nous avons donc choisi d'utiliser cette position pour tenter l'expérience avec mes 20 étudiants de 2e année. Un cahier des charges, élaboré avec la direction communication de la ville leur a été soumis cet automne et 20 projets ont ainsi vu le jour au terme d'un travail acharné des étudiants.

Le jury s'est réuni toute une matinée le 24 novembre et c'est la projet d'Aurélie Bergeron qui est arrivé en tête avec une bonne longueur d'avance. Aurélie a choisi de mettre en avant l'idée de "Toulouse, ville de la connaissance" en construisant une image de la ville avec des caractères typographiques, ce qui représente un travail colossal. Le résultat final, tout en subtilité, a été logiquement récompensé. Je tiens à préciser que je n'ai pas pris part au vote, mais que je cautionne largement le choix qui a été fait par le jury.

 

AurelieBergeronCoup de projecteur

Pour Aurélie, c'est un petit peu le rêve éveillé : tout d'un coup voici sa création dupliquée en milliers exemplaires, de l'affiche 4X3 à l'abribus en passant par le carton d'invitation, le calendrier, les annonces dans la presse locale et, last but not least, un spot TV diffusé sur Télé Toulouse. Un plan média mammouth dont rêvent la plupart des graphistes et auquel ils ne peuvent souvent accéder qu'après quelques années de carrière. Point d'orgue de cette mise en lumière une interview dans notre quotidien local : un beau coup de pouce pour une future professionnelle !

 

Pour finir je vous laisse savourer le joli spot TV réalisé par Master Images et mis en musique par Paul Monnier de Volume Original.

 

 

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Graphisme - Communauté : graphisme
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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 17:04

En octobre 2009 le CROUS de Créteil a lancé un vaste casting dans le but de faire participer les étudiants à sa campagne de rentrée 2010. Une opération de communication bien pensée qui permet d’associer les publics cibles dès la genèse du projet.

Plus de 300 candidates et candidats ont été auditionnés par un jury composé de représentants du CROUS*, du CNOUS** et présidé par un photographe professionnel.

Les lauréats ont été désignés en janvier 2010, sous contrôle d’un huissier de justice, il s’agit de Johann Rubrice et Kévin Flainville chez les garçons, Aïssatou Gueye, Nancy Manga et Manon Uguen chez les filles.

Au mois d’avril 2010 une séance photo de 2 jours a été organisée et les clichés retenus nous ont été transmis.

À la demande de Mathieu Beurois, chargé de communication du CROUS de Créteil, l'agence Artmony a travaillé sur un message de promotion de la Carte R, sous la forme d’une affiche de Cinéma. C’est finalement une version de l’affiche urbaine et hi-tech, à la façon des « Experts » qui a été retenue. Artmony est ravie d’avoir travaillé sur ce projet qui, au delà de son intérêt graphique célèbre une France colorée et métissée : la France d’aujourd’hui ! La campagne sera diffusée à partir de la rentrée universitaire 2010 sur les campus de Seine-et-Marne et, qui sait, peut-être ailleurs…

 

Crous Creteil

 

*CROUS : Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires

**CNOUS : Centre National des Œuvres Universiaires et Scolaires

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Communication et publicité - Communauté : graphisme
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Mercredi 21 juillet 2010 3 21 /07 /Juil /2010 19:00

Le lecteur du Val est une association de 25 bibliothèques des villages du Sicoval, charmante communauté d'agglomération du Sud-Est Toulousain, parfois également nommée "porte du Lauragais". Dans ce coin-là les villas sont coquettes, les centre commerciaux et les ronds points euh… moches, et le vent d'Autan… Chaque année cette asso organise un concours de nouvelles et, à l'automne 2009, poussé par un élan littéraire subit j'ai décidé d'y participer. Car, voyez-vous, l'écriture, c'est un de mes dadas.

Je me suis donc rendu sur le site de l'association, pour y découvrir le thème du concours…

Il s'agissait de rédiger un texte de 6 pages à partir de la phrase suivante :

"L'objet gisait au milieu du sentier, parfaitement insolite dans ce cadre bucolique..."


Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais l'automne 2009 c'était pile-poil le moment où l'on préparait la conférence de Copenhague, où l'on rêvait d'un geste fort de la part des grands de ce monde en faveur de la planète.

Il n'en fut rien, la montagne accoucha d'une demi-souris et les dirigeants de tous les pays repartirent chez eux la queue entre les jambes, sans doute satisfaits d'avoir sacrifié l'avenir des jeunes générations à leurs intérêts financiers immédiats.

 

C'est très contrarié que je me suis mis à la rédaction de la nouvelle pendant la trève hivernale. J'avais du mal à digérer le fiasco danois. Et en redécouvrant le thème de départ du concours, je l'ai trouvé dégoulinant de mièvrerie. Tout m'énervait : la tournure de la phrase, les verbes, les adverbes, les adjectifs et même les articles. Le mot "sentier" me semblait ridicule avec ses senteurs d'humus, ses évocations de fougères, ses papillons stupides voletants gaiement dans les rayons de soleil filtrant à travers les feuillages. Savent-ils d'ailleurs faire autre chose, ces insectes imbéciles ? Le mot "bucolique" m'apparaîssait soudainement comme une incongruïté passéiste. Seuls des aveugles, vivant sans télé, ni journaux, ni internet pouvaient avoir produit un départ de nouvelle se vautrant à ce point dans un angélisme béat !

 

Alors, du finfond de ma rancœur et de ma déception, je me suis vengé de Barack Obama, Hu Jintao et du petit français qui faisait des moulinets avec les bras entre les deux, j'ai aussi vengé les ours blancs, les pélicans du Golfe du Mexique (j'avais de l'avance) et les glaciers de l'Himalaya. J'ai châtié le Lecteur du Val, et j'ai commis ça :

 

 

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Le Clan des collines

 

« L'objet gisait au milieu du sentier, parfaitement insolite dans ce cadre bucolique… » Assis au bord du chemin poussiéreux, Jamel relisait la phrase qu’il venait d’écrire au crayon à papier sur son petit carnet, compagnon de route dont il ne se séparait jamais. Il souligna le mot «bucolique» d’un trait tremblant et ajouta un point d’interrogation dans la marge. Il avait un doute quant à la signification de ce mot et n’était plus vraiment sûr qu’il soit adapté au cadre environnant.  Il jeta un coup d’œil circulaire : il se trouvait dans ce qui jadis avait vraisemblablement  été un bosquet. Il essaya d’imaginer le même endroit plein de vie, comme il en avait, un jour, lu la description dans un livre ancien : la végétation, le chant des oiseaux, le murmure d’un torrent. Mais c’était peine perdue et il ne parvint pas à maintenir sa vision intérieure très longtemps. Devant lui quelques troncs d’arbres tordus dressaient leurs branches mortes vers le ciel comme une ultime imploration. Le sol était sec, rocailleux, stérile. Par delà les branches et jusqu’à l’horizon s’étirait une immense étendue vallonnée, ocre et désertique. À la limite entre le ciel et la terre, la vision se troublait en vagues de chaleur ondulantes. Jamel regarda le ciel, le soleil n’était pas très haut. Il devait être aux alentours de 9 h du matin et la température avoisinait déjà les 40 degrés. Il était plus que temps de rentrer au camp, dans une heure ou deux au plus, aucun être vivant ne survivrait bien longtemps dans cette atmosphère surchauffée. Dire que nous étions à peine au mois de février… Il glissa le carnet dans les plis de son vêtement et ramassa la chose. Un cylindre de métal chromé prolongé par un étrange bouton de plastique. Lorsqu’on appuyait sur le bouton il faisait mine d’entrer dans le cylindre, retenu dans sa course par ce qui semblait être un ressort. Jamel n’alla pas plus loin dans la manipulation de l’objet au cas où cela eut comporté un danger. Il le mit dans sa besace et se leva.


Après avoir ajusté son chech  pour bien se protéger le visage du rayonnement solaire il se mit à marcher droit devant lui. Arrivé à un petit tumulus de roches il marqua un temps d’arrêt. Il regarda rapidement le soleil et jugea qu’il pouvait s’autoriser un détour sans prendre de risque. À 19 ans seulement, Jamel était le meilleur chasseur-pisteur du camp, le seul habilité à sortir seul pour ses rondes de surveillance. Il choisit donc d’allonger son chemin en rajoutant une boucle par le sud-est. Au bout de quelques minutes il vit se dessiner dans la fournaise un léger relief, presque imperceptible pour qui n’en connaîtrait pas l’existence. Il s’approcha des quelques briques empilées qui formaient comme l’ébauche d’un mur. Tout à côté, un panneau métallique pendait sur un piquet de fer tordu. Il le contourna. La peinture écaillée, brûlée par le soleil permettait de deviner l’inscription. C’est ici qu’il y a 12 ans, Romuald, le plus ancien du campement lui avait appris à lire ses 5 premières lettres.

L… A… B… È… G… E…

 

Jamel sourit. Romuald lui avait appris qu’autrefois ici il y avait une ville, des commerces, des entreprises. Mais c’était il y a bien longtemps, avant… Le sourire du jeune homme se transforma en rictus d’amertume. Il avait continué son chemin quelques centaines de mètres plus loin jusqu’à la carcasse calcinée et rouillée d’un hélicoptère Tigre. Une pale tordue se dressait tragiquement vers le ciel, la queue de l’appareil était sectionnée à la base et reposait sur le sol à quelques pas du fuselage ensablé. Jamel jeta un coup d’œil à l’intérieur du cockpit. Année après année, son état se dégradait et il ne restait plus aujourd’hui que les arceaux métalliques. Tous les matériaux à base de plastique avaient fondu sous la chaleur. Il se rappelait les leçons du vieux Romuald : il y avait d’abord eu la première guerre climatique, celle contre les pays du sud. Le conflit ne dura pas. L’Europe, bien nourrie et mieux équipée n’avait pas eu de mal à repousser les envahisseurs de l’autre côté de la Méditerranée.  Cette année là, l’Afrique avait été officiellement abandonnée à son triste sort.

Mais ce n’est pas en fermant les yeux que l’on règle les problèmes. La température avait continué à monter, tout comme le niveau des mers, submergeant la quasi totalité de la Grèce, une grande partie de l’Italie, de l’Espagne et du Portugal, ainsi que le sud de la France jusqu’à 60 km de Toulouse. Les inondations et les intempéries jetèrent des millions de gens sur les routes et c’est ainsi que débuta le deuxième conflit climatique. Ce fut une guerre civile ignoble, fratricide. Errant sur les routes par milliers, les gens affamés s’étaient regroupés en bandes plus ou moins organisées, s’arrogeant par la force tout ce qui pouvait combler leurs besoins immédiats et notamment les principales ressources : la nourriture, l’eau et le pétrole. Les autorités avaient tenté de rétablir l’ordre d’une main de fer et c’est lors d’une des dernières opérations de pacification que l’hélicoptère de l’armée française avait été abattu au lance-roquette par des rebelles. On raconte que les pillards s’étaient jetés sur les pilotes et les avaient dévorés. En souvenir de cet épisode et en guise d’avertissement, les crânes des deux militaires blanchissaient aujourd’hui encore au soleil, au sommet de deux tiges de métal plantées aux abords de la carcasse. Personne n’avait jamais songé à les décrocher. Romuald les avait longtemps utilisés comme « support pédagogique » afin d’expliquer aux plus jeunes les dangers de la vie à l’extérieur du camp. Aujourd’hui encore le cannibalisme était fréquent et il était très risqué pour toute personne inexpérimentée d’errer sans but hors de la protection d’un groupe. Tout cela s’était déroulé il y a quelques décennies. Depuis, les gouvernements, les armées et tous ceux qui en avaient les moyens avaient fui au nord de l’Europe, au delà de la Manche, dans les îles britanniques, au Groenland et en Scandinavie qui bénéficiaient encore d’un climat de type tropical. Ils avaient construit une ligne de démarcation hermétique et jalousement gardée. Une surveillance constante par des drones et des radars sophistiqués empêchaient toute tentative d’intrusion. Bien à l’abri derrière leurs fortifications ils profitaient des lagons coralliens de la Mer du Nord, dilapidant dans l’insouciance les dernières gouttes de pétrole en courses de jet-ski…

 

Jamel ramassa une poignée de sable chaud et le laissa filer entre ses doigts, imaginant que c’était de l’eau pure et claire. Le vent se levait, il plissa les yeux et tendit l’oreille. Le souffle tiède lui apportait des sons étranges, des éclats de voix, des détonations au loin. Il s’éloigna de l’épave et marcha jusqu’au bord du plateau rocailleux d’ou dépassait un tronçon de route, plongeoir dérisoire au-dessus d’une mer de sable. Il s’allongea tout au bord de la section d’autoroute et sortit ses jumelles. À quelques kilomètres de là, dans les ruines de ce qui avait été autrefois un centre commercial, une bataille faisait rage. Son cœur se serra. Le clan du Carrefour veillait depuis plusieurs générations sur les restes du stock du centre commercial. Oh, bien sûr, cela faisait longtemps qu’il n’y avait plus — officiellement — de nourriture dans l’endroit. En revanche des pièces mécaniques, des vêtements et toute sorte de matériel étaient encore disponibles. Le clan de Jamel et ceux du Carrefour étaient en paix et pratiquaient régulièrement le troc. Il ajusta ses jumelles : les pillards avaient l’apparence caractéristique des clans cannibales qui avaient asservi la ville de Toulouse comme la plupart des grandes agglomérations européennes. Ils étaient maigres, hirsutes, barbus et tatoués. L’armée hétéroclite des agresseurs comptait une cinquantaine d’hommes à pied brandissant des piques et des sections de tuyaux, trois cavaliers munis de fusils d’assaut AK 47, juchés sur des dromadaires et un véhicule à moteur sur lequel était monté une mitrailleuse lourde. Jamel n’était jamais entré dans la ville, mais on racontait que ces gens pratiquaient l’esclavage, élevaient des humains pour se nourrir de leur chair et organisaient régulièrement des expéditions de pillage vers les campements pacifiques situés en zone périphérique. Ceux du Carrefour se défendaient bien, ce n’était pas la première fois qu’ils subissaient ce genre d’attaque et ils étaient eux aussi armés. Cette fois-ci, ils tiendraient… Mais jusqu’à quand ? Les assauts des pillards étaient chaque fois plus fréquents, plus violents et les munitions de plus en plus rares.

 

Jamel en avait assez vu, il fallait qu’il rentre faire son rapport. Il recula en rampant, rangea ses jumelles et rebroussa chemin en trottinant. Il traversa la plaine aride d’un bon rythme, sans se retourner, franchit le lit asséché de ce qui fut jadis le Canal du Midi et commença l’ascension des collines. Essoufflé, il trébucha dans les cailloux et parvint enfin au niveau d’une paroi rocheuse en pente douce entourée d’éboulis. Il ralentit un peu son allure. Il fouilla du regard parmi les grosses pierres empilées et découvrit ce qu’il cherchait : tapie dans l’ombre d’une grosse pierre la gueule d’une mitrailleuse le fixait. Il dénoua son chech pour que son visage apparaisse en pleine lumière et dit simplement : « C’est moi José, c’est Jamel ».

Quelques instants plus tard, une trappe s’ouvrit dans la poussière de la colline et un bras lui fit signe de se hâter. Il se courba et entra dans le souterrain tandis que la porte blindée se refermait dans un bruit sourd qui résonna dans le couloir. Le portier lui donna une tape dans le dos, soulevant un nuage de poussière, et tendit une gourde : « Alors, bonne promenade ? ». Jamel but longuement et s’essuya la bouche du revers de la manche avant de répondre : « Ouvre l’œil José. Les cannibales sont de sortie et ça chauffe dur du côté du clan Carrefour. J’y retournerai ce soir pour savoir comment ça a évolué.» Le gardien rangea sa gourde d’un air inquiet et retourna à son poste.

 

Le tunnel faiblement éclairé par de petites ampoules électriques vacillantes s’enfonçait en pente dans des ténèbres qui paraissaient sans fond. Jamel en connaissait chaque détail, c’était là qu’il avait fait ses premiers pas, vécu ses premiers jeux d’enfants. Après avoir marché une bonne dizaine de minutes, il se trouva face à une autre porte métallique sur laquelle il frappa trois coups secs. La porte s’ouvrit en grinçant sur une immense salle voûtée pour se refermer aussitôt après l’entrée du jeune homme. La température était moins élevée qu’à l’extérieur mais atteignait tout de même une trentaine de degrés. Il salua d’un geste de la tête Héléna, la femme aux cheveux gris qui l’avait adopté et recueilli. Elle le regarda s’éloigner avec bienveillance. Patrick, le chef de camp, assis derrière une table en bois l’accueillit d’un sourire las : « Alors, qu’est-ce que tu nous ramène ? »

— Pas grand chose chef, j’ai attrapé deux scorpions… » Joignant le geste à la parole, Jamel sortit de sa besace une boîte en plastique transparent où s’agitaient deux beaux spécimens couleur de sable.

— Ok, tu les donneras à la cuisine, ça fera toujours des protéines. Et puis ?

Les pillards assiègent le clan Carrefour, ils ont du attaquer au lever du jour. Mais je pense qu’ils arriveront à les repousser.»

Le chef posa sur Jamel un regard amer, gratta d’une main sa barbe de trois jours et tenta de masquer son inquiétude :

— Oui, ils les chasseront, comme d’habitude… Tu retourneras quand même voir ce soir. C’est tout ?

— Ah, non attendez, il y a aussi ça… » Il fouilla dans le fond de sa besace et posa sur la table l’objet découvert dans le bosquet calciné. « Vous savez ce que c’est, chef ? »

L’homme prit mollement l’objet le tourna dans tout les sens en le regardant d’un air blasé et secoua la tête en signe d’ignorance :

« Aucune idée, tu iras le montrer à Romuald, il te dira, lui… Rien d’autre ?

— Non, rien…

— Toujours pas d’eau ?

— Non, chef, désolé, toujours pas d’eau…»


Jamel comprenait l’inquiétude du chef, la situation devenait dramatique. Même si l’installation photovoltaïque installée il y a plusieurs décennies par Romuald et les anciens alimentait le camp souterrain en électricité et permettait la culture de quelques légumes sous serre, l’eau commençait à manquer. Le puits creusé au fond de la grande salle voûtée atteignait plus de 120 mètres de profondeur et l’eau se faisait de plus en plus rare. Malgré le rationnement, le manque commençait à se faire sentir. La population du clan, vieillissante avait de moins en moins de force pour le combat et la prospection à l’extérieur et une inquiétude sourde était palpable dans toute leur petite communauté. Jamel tomba sur Stella, une jolie jeune fille de son âge qui sortait de la serre, un panier de tomates à la main, un foulard noué sur ses belles boucle brunes. Elle le regarda avec ses grands yeux de gazelle et lui sourit. Il s’approchèrent l’un de l’autre, elle lui passa la main sur le visage : « Je suis contente que tu sois rentré en bonne santé. » Jamel la prit dans ses bras et la fit tournoyer : « En très bonne santé, même et je peux te le prouver si tu as un moment à me consacrer !» Elle se dégagea en riant : « Arrête, tu vas me faire renverser mon panier ! ». Elle le frappa du plat de la main sur l’épaule, ce qui souleva un nuage de poussière. « Va d’abord te laver, espèce de dégoûtant ! » Jamel s’enfuit en riant : « Oui, mais pas avant d’avoir vu Romuald ! À tout à l’heure ma belle… ». Malgré tout, il était heureux et se disait que le chef avait tort de s’inquiéter, que lui et Stella repeupleraient la colonie, et même qu’il n’y aurait pas assez de place pour mettre tous leurs enfants.

 

Il s’enfonça vers le fond de la caverne, en direction de la tente la plus isolée, celle de Romuald. Le doyen de la communauté avait maintenant plus de 90 ans et limitait ses contacts avec les autres. C’était la seule personne qui avait connu les temps d’ « avant » et son savoir était précieux. Il avait éduqué tous les membres du clan, creusé lui même, en compagnie des premiers pionniers le tunnel, la caverne et le puits. Il avait formé la plupart d’entre eux à la culture sous serres, à la production d’énergie et au combat. C’est lui qui avait instruit Jamel pendant ses premières années,  à l’époque où il y voyait encore et où il pouvait se déplacer sans trop de mal. Désormais Jamel faisait partie des seules personnes dont il supportait encore la visite.

Il écarta le rideau de la main : « Bonjour Romuald ». Au fond de la tente une voix chevrotante l’accueillit : « Entre, petit, je t’attendais. Que m’apportes-tu aujourd’hui ? » Le jeune homme s’agenouilla devant la couche du vieillard et lui tendit respectueusement l’objet. Le vieillard le prit entre ses doigts, le soupesa, le fit passer d’une main à l’autre. Quasiment privé de la vue il avait besoin de ce rituel pour redécouvrir les objets. Il appuya sur le poussoir en plastique qui se coinça à l’intérieur du cylindre métallique. Son visage se figea un instant, puis il éclata de rire… « Ha ha ha ! Ton truc, là, c’est… un allume-cigare ! Ha ha ha ! » Jamel ne comprit pas « Un quoi ?

— Un allume-cigare ! » Reprit le vieux. « Figure-toi que non contents de se déplacer en automobile et de dilapider les énergies fossiles à tout va en déréglant le climat, ceux d’avant plantaient de la végétation, en l’occurrence du tabac, pour le seul plaisir de la brûler et d’inhaler la fumée sous forme de cigarettes… Ce qui, au passage, les rendait très malades. Eh bien ce truc, là, cet objet était présent dans les automobiles pour allumer les cigarettes… Ha ha ha ! C’est pathétique. » Alors que Romuald se retournait sur sa couche en ricanant, Jamel rempocha l’objet et prit congé.


Il ne décoléra pas de la journée, bouleversé par ce qu’il venait d’entendre, et toute la tendresse de Stella ne put rien y faire. Le soir venu, il récupéra d’un air sombre le plan de sa mission de reconnaissance auprès du chef du clan et s’engagea dans le tunnel sans dire un mot. La lourde porte blindée se referma dans un bruit sourd et Jamel émergea sous le ciel étoilé. Il serrait dans son poing fermé l’allume-cigare inutile. Il maudissait ceux d’avant, leur inconséquence, leur égoïsme. Pourquoi avaient-ils sciemment hypothéqué l’avenir des générations qui les suivaient ? Pourquoi lui, Jamel, enfant trouvé dans les ruines n’avait il jamais entendu le chant d’un oiseau, le murmure d’un ruisseau, le vent dans les feuilles d’un arbre ? Pourquoi ne verrait-il jamais ses fils courir dans les prés ou se baigner dans un lac ? Pourquoi la majorité de l’humanité était-elle désormais condamnée à retourner à la barbarie en se mourant lentement de faim et de soif ? Le vent lui apporta l’odeur d’un incendie au loin et d’étranges effluves de viande grillée. Le Carrefour était tombé ? Fou de rage, il lança l’objet ridicule le plus loin possible devant lui dans la nuit noire. Tendant l’oreille, il guetta le tintement du métal sur la roche… À la place, c’est un bruit mat et un cri étouffé qui crevèrent le silence. Il tourna les talons, se précipita dans l’abri et verrouilla la porte derrière lui en hurlant : « José ! déclenche l’alarme et passe-moi les grenades : les cannibales sont là ! ».              

 

F I N

 

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Et vous savez quoi ? Au Printemps j'ai appris que ma nouvelle avait été refusée !

 

Je me demande bien pourquoi !!!

 

Enfin ça vous fera toujours un truc à lire au bureau pendant l'été ;-)

 

Bonnes vacances.

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Des mots… - Communauté : Ecologie et Environnement
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 15:38

2--EXEjfvttVECTDe temps à autre un entrefilet dans les médias nous rappelle que des élus locaux protestent contre une certaine réforme. Celle-ci, baptisée prosaïquement « réforme des collectivités territoriales » est un des grands chantier de l’État auquel les citoyens n’accordent, à mon avis, pas suffisamment d’importance. Essayons d’en évaluer les conséquences en quelques lignes…


Cette volonté de réforme s’inscrit globalement dans une politique de rigueur drastique menée tambour battant par le gouvernement. On nous explique, en deux mots, que simplifier les échelons de la décentralisation, ça fera moins de tracas et d’impôts pour les citoyens et surtout beaucoup d’économies : moins d’élus, moins de fonctionnaires, moins de dépenses de fonctionnement. Vu comme ça et au regard du déficit abyssal de nos budgets publics, l’idée paraît plutôt séduisante. Mais, dès que l’on rentre un peu dans le détail, plusieurs éléments du projet posent question…

 


Les mesures phares

• En premier lieu il est proposé de réduire le nombre de Régions métropolitaines. Elles passeront de 22 à 15, mais seront plus étendues géographiquement.

 

• 11 grandes Communautés urbaines (agglomérations de plus de 400 000 habitants) récupèreraient un certain nombres de compétences des Départements.


• Les champs de compétences des Départements et des Régions seront redéfinis, notamment en ce qui concerne la clause de compétence générale.

 

 

Certains observateurs alertent déjà l’opinion sur le risque de déséquilibre des territoires. En effet, les 11 métropoles (Lyon, Lille, Marseille, Bordeaux, Toulouse, Nantes, Nice, Strasbourg, Rouen, Toulon et Rennes), déjà riches et fortement peuplées, seront favorisées par l’apport de compétences (et donc de financements) supplémentaires. En revanche, les Départements et Régions verront leur influence diminuer et devront se contenter de leurs missions habituelles, héritées de la décentralisation, qu’elles appliqueront essentiellement en zone rurale. Géographiquement, ces zones étant faiblement peuplées et très étendues, il y a un risque de dilution des financements. Les plus pessimistes nous annoncent déjà une campagne désertée et pauvre, à l’image de certains pays comme l’Espagne ou le sud de l’Italie…

 


Vous avez dit politique ?Trouver une nounou pour mon bébé

Par ailleurs, les département et régions font justement signaler que la compétence générale (qui concerne 10 à 15% du budget en moyenne) est justement un bol d’air qui leur permet d’effectuer de véritables choix politiques. Lorsque l’on sait que la moitié des départements et la quasi totalité des régions sont présidés par l’opposition, on pourrait facilement en déduire que cette clause de compétence générale est un outil politique qui permet de contrecarrer certaines décisions du gouvernement. Ou, tout au moins, dans la plupart des cas, d’exercer un véritable contre-pouvoir. Nous sommes alors en droit de nous demander si le gouvernement ne tente pas de faire d’une pierre deux coups en réalisant, certes, des économies, mais également en diminuant le pouvoir de décision et le nombre d’élus des partis d’opposition.

 


Le ton monte, la Haute-Garonne reste positive

La suppression, sans étude d’impact préalable, de la taxe professionnelle porte un coup violent aux collectivités. Elle vient s’ajouter à la longue liste de décisions prises à l’emporte-pièce d’un gouvernement qui, visiblement, tire d’abord et réfléchit ensuite. Du coup, le ton monte, notamment dans les départements qui crient à qui veut l’entendre qu’ils sont au bord de la cessation de paiement. Certains multiplient les annonces alarmistes et les discours anxiogènes. Le département de la Haute-Garonne, lui, a choisi de lancer une grande campagne d’information sur ses actions auprès des citoyens. Collèges, action culturelle, entretien des routes, aide aux communes, aide sociale, aide aux entreprises en milieu rural, ce sont en tout 12 messages qui sont diffusé tout au long du printemps en média et hors média (PQR, web, presse institutionnelle, affichage)… Artmony est très fière d’avoir été choisie pour mettre en mots et en images cette campagne citoyenne. L’axe retenu pour la signature est définitivement positif et marque l’implication du Département dans le quotidien des Hauts Garonnais : « Mon département, avec moi tous les jours »…

Jusqu’à quand ?

 

NB : Les visuels illustrant cet articles sont extraits de la campagne créée par Artmony pour le Conseil Général de la Haute-Garonne

 

Vivre dans un logement adapté à mon handicap

 

Par Emmanuel Quéritet - Publié dans : Politique-Citoyenneté - Communauté : Parlons politique
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