Qui sommes-nous ?

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

W3C

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog
Vendredi 4 mai 2007
À la veille du second tour des élections présidentielle, la publicité réconcilie la France... C'est beau à voir !


En route pour l'Elysee
Vidéo envoyée par queritet


Merci au petit Michael, de Montaigut Lauragais (31540) pour cet envoi.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 28 avril 2007

Economisons l'eau !
Vidéo envoyée par queritet
Voici maintenant trois ans que l'APACOM (Association des professionnels Aquitains de la communication) mène des actions concrètes pour impliquer les métiers de la communication dans une logique de développement durable. Le 3 avril dernier, pendant la semaine du développement durable un colloque a permis aux professionnels bordelais de faire un point sur l'avancée de cette démarche. Plus récemment, à Toulouse, le Club de la Communication a emboîté le pas en proposant une demi journée de réflexion intitulée « Vers une communication éco-responsable ».

Ce 19 avril, au centre de congrès Diagora, à Labège, c'est Frank Chatelain, responsable communication de l'Ademe Midi-Pyrénées qui a ouvert le bal avec un rappel des enjeux environnementaux actuels. Son intervention avait des allures de « vérité qui dérange », en pire ! En effet, là où Al Gore, dans son excellent documentaire - que je vous invite tous à visionner si ce n'est déjà fait - se limitait à la problématique du réchauffement climatique, M. Chatelain a abordé l'ensemble des problèmes environnementaux. Le réchauffement climatique, bien-sûr, son origine indéniablement humaine, ses conséquences dramatiques pour l'humanité, mais aussi l'inexorable dégradation des ressources : surpêche, déforestation, surconsommation énergétique sont entrain de transformer notre planète en désert et en enfer... Et c'est pour bientôt : une cinquantaine d'années, voire moins. Autant vous dire que si personne ne réagit, les plus jeunes d'entre nous ont un avenir bien sombre.

Le développement durable est une façon d'être et d'agir respectueuse de l'Homme et de son environnement. La clé de l'action : « penser global, agir local ».
Partant du principe que nous pouvons tous, chacun à notre échelle poser des actes pour limiter notre impact négatif sur l'environnement et la société, les professionnels de la communication ont tout d'abord fait le constat que leur activité engendrait plusieurs impacts sur l'environnement :
- consommation d'énergie
- consommation de papier
- utilisation de produits dangereux (imprimerie)
- production de déchets : papier, matériel électronique obsolète, etc.
- transports : livraisons, trajets, etc.

Clip_air_br
Vidéo envoyée par queritet

Les démarches éco-communication
Le moment est maintenant venu de mettre en cohérence les activités avec les discours et les engagements et d'adopter un comportement vertueux aussi bien dans le fonctionnement quotidien des entreprises de communication que dans les préconisations faites aux clients.
Les méthodes de nos métiers sont en train d?évoluer afin de penser « éco-conception » ou « achat responsable » à toutes les étapes délaboration d?un projet.

Les imprimeurs, par exemple sont en train de créer le label « Imprim'vert », au niveau national.
Il s'agit de recycler systématiquement les produits dangereux, d?appliquer des précuations dans le stockage des produits toxiques, en attendant de trouver un substitut à leur utilisation. L'objectif étant, à terme de ne plus utiliser de produits dangereux,, cancérigènes ou toxiques.
Un questionnement est également en cours sur les approvisionnement en papier. On sait qu'environ 20% du papier utilisé en imprimerie est d'origine douteuse ou non contrôlée (forêts primaires...). On s'interroge également sur l'optimisation des transports, de façon à réduire les allées et venues de poids-lours. Par exemple, les camions qui apportent du papier, pourraient repartir avec des documents imprimés à livrer, de façon à optimiser leur aller-retour.
Tout cela n'est encore qu'à l'étude, mais on le voit, c'est une industrie entière qui a choisi de se donner les moyens d'évoluer.
En Haute-Garonne comme sur l'ensemble du territoire français, 10% des imprimeurs sont aujourd'hui impliqués dans cette démarche, ce qui est largement insuffisant, mais constitue toutefois un bon début.

Dans les métiers de l'événementiel la démarche éco responsable fait aussi des émules.
Certains traiteurs sont, par exemple fortement engagés dans l'agriculture responsable. Ils essaient detravailler avec des produits de saison, acheté auprès de fournisseurs locaux, de façon à limiter les transports. Le bio a le vent en poupe, et pas seulement pour la frime...
L'Anaé (association nationale des agences d'événementiel) a créé le site www.eco-evenement.org afin de mieux communiquer : améliorer le cycle de façon à être moins impactant sur l?environnement. Cette association, nous a expliqué M. Blanc-Shapira de l'agence Sensation cherche à établir un véritable carnet de route vers un éco-événement, avec humilité et ambition.
Trois raisons majeures poussent les professionnels dans cette démarche :
- l'éthique
- le business, car pratiquer une économie vertueuse donne un avantage concurrentiel
- et la réglementation qui évolue, donc autant la devancer avant d?être contraint à évoluer.

L'APACOM a édité un guide « Com'avenir » téléchargeable sur le site de l'Apacom et de l'Ademe. Très dynamique sur le sujet, cette association a également mis en place, en partenariat avec l'Ademe, une formation à l'éco-communication.
Cette formation dont ont déjà bénéficié plusieurs agences en Aquitaine permet, notamment de mieux dialoguer avec des acheteurs éco-responsable et de mettre en pratique au maximum des comportements vertueux.
L'agence Calli Atlantique, notamment, nous a présenté un certain nombre d'actions : factures envoyées par e-mail, signature électronique, organisation de l'entreprise autour de pratiques vertueuses (économies d'énergie, recyclage, compensation carbone), conseil des clients dans le sens d'une logique « durable ».
Il s'agit, vous l'avez compris, aussi bien pour les agences que pour leurs clients de dépasser le stade du « Green Washing » (utilisation abusive de l'argument écologique pour vendre), pour entrer dans une phase d?action réelle.

En ces temps électoraux, beaucoup s'imaginent peut-être que les solutions doivent venir de l'État. Quand j'entends les deux candidats encore en lice émailler leur discours de « croissance », de « pouvoir d'achat », de « consommation », je me dis qu'ils sont loin du compte et que, même s'ils ont signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, ils ne doivent pas vraiment l'avoir lu avec attention. Il me paraît clair que c'est à chacun de nous, citoyens, d'agir dans la mesure de nos possibilités.
Il est réconfortant de constater que, passés les premiers constats alarmistes, certains d'entre nous font déjà leurs premiers pas pour défricher et ouvrir la voie. Les comportements de demain s'inventent aujourd'hui, alors, retroussons nos manches !!!

Crédits : Les deux clips qui illustrent cet article viennent du site des Petits Débrouillards.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Communication et publicité
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 17 avril 2007
Je viens de recevoir chez moi les dépliants officiels de la campagne électorale. Très touché par cette débauche d’efforts des candidats pour s’attirer mon humble vote, j’ai tout lu d’un coup. Bien évidemment, comme à chaque fois que j’ai les yeux plus gros que le ventre, ça m’a donné une indigestion. Tout s’est mélangé dans ma tête et voilà le résultat :

Sauras-tu, amis lecteur, rendre à chaque candidat son slogan ?



Juste l’ordre

Ni Dieu, ni maître, ni plaid, Nihous

Le candidat présenté par sa mère

La valeur travail rend libre (En allemand : Arbeit macht frei)

Mangez des oranges

La France, on l’aime ou on l’habite (voire même les deux)

Arrêt Buffet

Byzance no, l'Élysée oui !

Buvez rosé

Arlette, J-5 pour la retraite

L'écologie, tout le monde s'en fout, et vous ?

sans oublier, mon préféré :

Ensemble, tout devient possible : même une femme présidente


Bon, je sais, on va encore me traiter de nihiliste désabusé, mais il est difficile de rire autrement que jaune avec certains sujets, surtout quand on écrit son blog en regardant l'émission de Yann Arthus-Bertrand. Allez, promis, dans le prochain article, je redeviens sérieux, vous allez voir.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mercredi 28 mars 2007
Chère Maman,

Tu peux être fière de ton fils. Comme tous les téléspectateurs, je fais régulièrement des bonds sur mon canapé devant les inepties que débite le tube cathodique. Je râle, je m'indigne, je peste et quand j'ai atteint le stade ultime de l'énervement je n'ai plus que deux solutions :

1 : Éteindre la télé
Solution raisonnable, économique, et finalement la plus recommandée.

2 : Écrire à Télérama
Réaction typique de l'intello masochiste. Pourquoi masochiste ? Parce que d'après les derniers calculs délivrés par les supercalculateurs de la Nasa, toute personne écrivant au courrier des lecteurs de Télérama n'a qu'une chance sur 10 585 399 de voir sa lettre publiée. La personne en question s'expose donc à une immense frustration en ouvrant son hebdo préféré, du genre : « Tiens, il n'ont pas publié ma lettre... :-( Ch'uis trop nuuuul... »

Mais, tu vois, Maman, cette fois-ci j'ai eu de la chance. En quelque sorte, mon heure de gloire est arrivée : Télérama a publié mon courrier !

Je peux donc mourir en paix...

Mais avant ça je vais quand même aller faire un loto, au cas où ça soit vraiment mon jour de chance.

Je t'embrasse Maman chérie.



(Ci-contre l'extrait du Télérama 2985 du 28 mars 2007)->
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
ajouter un commentaire commentaires (2)    créer un trackback recommander
Lundi 26 mars 2007
Je sais, c’est pas bien de cafter, mais c’est Claude Évin qui a commencé, avec sa loi n°91-32 du 10 janvier 1991 imposant de préciser que « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » sur toutes les publicités relatives aux boissons alcoolisées. Sans le savoir, il avait ouvert la boîte de Pandore en créant un précédent dont s’inspirent largement ses successeurs.

Nous avons donc vu fleurir sur nos publicités, au fil des années, les messages suivants :

Directive Européenne sur la vente de tabac :
Sur la face «la plus visible» de l’emballage doit figurer l'une des deux phrases «Fumer tue» ou «Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage».
Sur l'autre côté doit figurer, en roulement, l'un des messages suivants :
      - Les fumeurs meurent prématurément.
      - Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques cérébrales.
      - Fumer provoque le cancer mortel du poumon.
      - Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant.
      - Protégez les enfants : ne leur faites pas respirer votre fumée.
      - Votre médecin ou votre pharmacien peuvent vous aider à arrêter de fumer.
      - Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas.
      - Arrêter de fumer réduit les risques de maladies cardiaques et pulmonaires mortelles.
      - Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse.
      - Faites-vous aider pour arrêter de fumer, téléphonez au 0825 309 310 (0,15 euros/min).
      - Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance.
      - Fumer provoque un vieillissement de la peau.
      - Fumer peut nuire aux spermatozoïdes et réduit la fertilité.
      - La fumée contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde et du cyanure d'hydrogène.

À propos de la consommation d’alcool par les femmes enceintes :
Un amendement parlementaire, adopté le 19 octobre 2004 vise à faire figurer, sur toutes les unités de conditionnement des boissons alcoolisées, un message sanitaire à l'attention des femmes enceintes.
« La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant » ce message peut être assorti d’un pictogramme.
Grossesse et alcool : tolérance zéro...

À propos de la problématique environnement et énergie :
Le Ministère de l’économie, des finances et de l’Industrie produit un arrêté du 28 novembre 2006 relatif à la publicité dans le domaine de l’énergie
Art. 1er. Toute publicité effectuée par ou pour une entreprise désignée à l’article 1er du décret du 28 novembre 2006 susvisé doit faire la promotion d’une utilisation rationnelle de l’énergie et inciter à des économies d’énergie.
Art. 2. Le message prévu à l’article 2 du décret du 28 novembre 2006 susvisé est : « L’énergie est notre avenir, économisons-la ! » Il doit être lisible, audible ou intelligible. Pour les services de télévision, il est sonore ou visuel.

Et, pour finir, les petits nouveaux sur les publicités alimentaires      
Depuis le 28 février 2007, un décret d’application et un arrêté de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 (article 29) imposent aux annonceurs de certains produits alimentaires d’introduire les messages sanitaires suivants dans leurs publicités et outils d’information (par exemple, les brochures de la grande distribution) :
    - Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour     
    - Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière
    - Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé
    - Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas
Sont concernés par cette mesure les boissons pour lesquelles il y a ajout de sucre, de sel ou d’édulcorants et les aliments manufacturés*.
Chaque annonce publicitaire devra comporter alternativement les 4 messages et ce pour chaque type de support (TV, radio, affichage, presse, cinéma, Internet, brochures…). Il n’y a pas de lien entre le type de produit promu et les messages.
* Les boissons et aliments exclus de cette mesure sont :
- le thé, le café, les tisanes, la chicorée, les jus de fruits et le lait (si ces produits sont sans ajout de sel, sucre ou d’édulcorant de synthèse) ;
- les produits bruts tels les fruits et légumes, œufs, épices et aromates ;
- les produits justes découpés ou hachés (viande fraîche ou poisson), congelés ou surgelés et/ou mis en conserve sans aucun ajout hormis de l’eau.



Pour les créatifs, ces messages sanitaires sont un vrai casse-tête. Cela revient, en gros à dire : « Achetez ce produit, mais ne l’achetez pas ! » Totalement contre-productif, comme attitude, autant que perturbant pour le consommateur. J’ai récemment vu une publicité pour des pâtes fraîches qui se terminaient par un des messages sanitaires, les logeant ainsi à la même enseigne que des produits réellement nocifs.

Plus généralement, on est en droit de se demander si cela n’est pas significatif d’un manque de courage du législateur. Si ces produits sont tellements nocifs, pourquoi ne pas, tout simplement les interdire ? Que je sache, la vente d’armes à feu et de munitions est sévèrement règlementée dans notre pays, mais il est possible de la promouvoir à l’intérieur de ce cadre dans des revues ou des lieux spécialisés. Et je n’ai jamais vu de messages sanitaires du style :« Tirer sur son voisin, c’est pas bon pour sa santé ».

Un peu à la manière des anti-pub, voici que nos politiques considèrent que, si nos enfants sont obèses, c’est la faute de la pub pour le Coca-Cola. Ou encore, que si l’oncle Paulo est alcoolo, c’est la faute à la pub pour le J&B. Encore et toujours la faute des publicitaires qui n’ont d’autres buts que de pourrir notre si belle société.

Le "message sanitaire" s'avère de toute évidence un outil idéal et peu coûteux pour résoudre les grands problèmes de santé ou de société. De plus cela permet au législateur qui l'a imaginé de se donner bonne conscience.

Les messages de demain et notre grand concours !
En conséquence, je prévois que, dans les temps qui viennent, nos décideurs vont continuer à résoudre avec audace les problèmes de fond par de nouveaux décrets. Nous pourrions donc, en toute bonne logique, voir apparaître des messages sanitaires dans le genre des suivants :

Pour les opérateurs téléphoniques :
    - Utiliser un téléphone portable donne le cancer du cerveau
    - Mettre son téléphone mobile dans sa poche de pantalon rend impuissant

Pour les fabricants de grosses cylindrées
    - Rouler en 4x4 contribue au réchauffement climatique
    - Utiliser un véhicule particulier à essence contribue à dilapider une énergie non renouvelable

Avant les matchs de football à la télé :
    - Imiter le comportement de certains joueurs peut conduire à l’incivilité (spectacle interdit aux moins de 18 ans)
    - Imiter le comportement de certains supporters peut conduire en prison (ou à la morgue)

Et caetera, et caetera.

Du coup, je lance un grand concours sur ce blog :
imaginez vous-même les messages sanitaires de demain. Postez-les dans les commentaires. Soyez drôles et réalistes : il n’y a rien à gagner, c’est juste histoire de rigoler un coup !



par Emmanuel Quéritet publié dans : Communication et publicité
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mercredi 7 mars 2007
Les créateurs de nouveaux journaux sollicitent Artmony de façon récurrente. Ne serait-ce qu'en 2006, j'ai été contacté trois fois par des éditeurs de magazine en herbe : un sur le cinéma, un sur le rugby et le dernier était un projet de conso-mag gratuit. À chaque fois, on me demande de chiffrer la création du gabarit de mise en page et la direction artistique au numéro. À chaque fois, je réclame des précisions sur le projet : concept éditorial, structure rédactionnelle, diffusion et cibles, etc. Et à chaque fois la réponse que j'obtiens est un grand point d'interrogation. Particuliers, entreprises, collectivités, nombreux sont ceux qui formulent à un moment où à un autre un projet de journal périodique. Mais peu d'entre eux sont en mesure d'appréhender correctement cet exercice complexe. Pour répondre à leurs besoins, Yann Le Chevalier publie aux éditions Pyramyd un guide pour créer son journal... sans peur et sans reproche !

Le GUIDE PRATIQUE D'ÉDITION « Votre Magazine de A à Z » est conçu comme un manuel pratique à l'attention de toute personne désirant communiquer sur un support papier. Il aborde toutes les facettes de l'édition de presse : aspects juridiques, économiques, rédactionnels et techniques. Au-delà de cela, il propose également une méthodologie de mise en œuvre. Pour en savoir plus sur Yann Le Chevalier, l'auteur de l'ouvrage, et ses intentions, nous lui avons proposé de répondre à une petite interview en trois questions :

Yann, bonjour, peux-tu nous parler de ton parcours dans les métiers de l'édition ?

Yann Le Chevalier : En changeant plusieurs fois d'entreprises, j'ai eu la possibilité de parcourir tous les métiers de la chaîne éditoriale. J'ai été ainsi, et dans le désordre, graphiste, chef de fabrication, journaliste, rédacteur publicitaire, rédacteur en chef, correcteur, secrétaire de rédaction. Aujourd'hui, dans mon métier d'éditeur et d'agence d'édition, ces expériences me servent beaucoup, car je connais ces métiers « de l'intérieur ».

Et comment t'es venue l'idée de ce guide ?

YLC : J'ai été amené à donner des formations pour adultes et des cours en BTS édition. Je me suis rendu compte que bien des personnes en charge d'une publication venaient soit du journalisme, soit de la communication et avaient les réflexes de leurs métiers mais ignoraient presque tout des impératifs des autres partenaires. Par exemple, les personnes formées à la rédaction survolent les impératifs techniques de production, ce qui produit des dysfonctionnements. Il arrive aussi que des personnes soient « parachutées » sur une mission d'édition et ne savent pas du tout comment s'y prendre. Il fallait donc un guide qui fournisse à la fois une méthodologie et des approfondissements dans chaque domaine, pour que les personnes soient en mesure de gérer l'intégralité du projet et de discuter avec tous les intervenants.

Dans ce blog, nous nous sommes souvent interrogés sur l'avenir de l'édition en général et de la presse en particulier. Certains sont assez pessimistes, d'autres moins. Quel est ton point de vue sur l'évolution de cette filière ?

YLC : Je crois qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure. Bien sûr l'écrit est concurrencé par l'audiovisuel, mais tout comme le théâtre l'a été par le cinéma, puis le cinéma par la télévision. Les domaines de chacun trouvent de nouvelles limites, mais aucun ne disparaît. L'écrit et la lecture comme moyens de communication ont trouvé un nouveau développement avec Internet - notamment par les blogs ! Mais il faut préciser de quels écrits on parle : si la correspondance par mails et SMS augmente, la production de littérature et de textes d'information de qualité reste une affaire de « spécialistes » aptes à transmettre efficacement et agréablement leurs pensées. Il en va de même pour l'édition : avec les mêmes moyens techniques (qui sont maintenant à la portée de tout le monde) et aux mêmes coûts, on peut produire une feuille de chou qui décevra, ou un magazine de qualité qui trouvera ses lecteurs. Dans tous les cas, c'est une question de savoir-faire.

Merci, Yann, pour ces éclaircissements. Tous ceux qui sont intéressés par le guide (176 pages, 17 euros) peuvent le feuilleter, consulter le sommaire et le commander en ligne sur le site des éditions Pyramyd.
 

Artmony et Yann Le Chevalier : une collaboration réussie autour du Magazine municipal Toulouse Cultures.
En 2006 les sociétés In Extenso et Artmony ont été retenues suite à un appel d'offres de marché public pour répondre aux objectifs de redynamisation du mensuel culturel de la Mairie de Toulouse. Suivant les directives de la direction de la communication, nous avons proposé une nouvelle maquette adaptée à l'univers culturel et Yann Le Chevalier a mis en place un circuit organisationnel court et efficace. En véritable chef d'orchestre, il récupère les données, les articles et les images qu'il organise autour d'un chemin de fer de 64 pages d'après les consignes données par le client en conférence de rédaction. Les éléments nous sont ensuite envoyés en flux tendu. Isabelle se charge de la direction artistique et Julie de l'exécution graphique. Yann Le Chevalier effectue ensuite le secrétariat de rédaction au fur et à mesure jusqu'à l'envoi en impression. La production du magazine mobilise une bonne partie de nos deux structures sur une durée de 10 jours. Nous avons ainsi réalisé ensemble 12 numéros et, nous n'en doutons pas, le meilleur reste encore à venir !
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Samedi 24 février 2007
Je profite d'une semaine de repos dans les montagnes Ariégeoises pour prendre un peu de hauteur par rapport à un sujet d'actualité : les croisements de plus en plus fréquents entre la stratégie politique et la stratégie de communication, croisements qui frisent  l'amalgame de façon parfois comique, souvent préoccupante. Délire de publicitaire monomaniaque ? À vous de juger.

François Bayrou : l'analyse pour le moins "légère" de Corinne Bessis.
Corinne Bessis est une pointure. Ou en tout cas, elle en fait des tonnes pour nous en convaincre. elle dirige l'agence Bessis, spécialisée en conseil et création de noms et de plus, fait bénéficier l'excellent hebdomadaire Stratégies de la finesse de son expertise. À propos du nom Bayrou, analysé comme une marque, elle écrit des choses qui, il faut bien le dire, m'ont laissé perplexe. Jugez plutôt : « Le patronyme Bayrou […] à cause de sa terminaison typée, "rou", il évoque assez clairement un ancrage régional ancien, un terroir, plus particulièrement le Sud-Ouest, l'occitan ou peut-être une autre langue du Sud-Ouest… »
Lorsqu'on se targue de créer des marques, voire de les analyser, il me semble surprenant que l'on n'ait pas un minimum de bases en linguistique, voire en histoire-géographie, tout simplement. Je rappelle ici à Madame Bessis que l'occitan est la seule langue régionale parlée dans le Sud-Ouest, en dehors du basque. L'occitan étant parfois crédité de sous-ramifications (gascon, languedocien, provençal) qui n'offrent cependant que de légères différences de prononciation ou de vocabulaire autour d'une même structure grammaticale. Je ne vois donc pas quelle pourrait être cette mystérieuse « autre langue du Sud-Ouest ». Le klingon, peut-être ? Il est vrai qu'on aurait aperçu des coupes aux formes étranges dans les champs de céréales par chez nous. Surtout d'ailleurs dans les champs de céréales OGM ! Mais, trêve de digression, si cette approximation douteuse m'a fait lever un sourcil, la suite m'a carrément atterré : « Plus secondairement, on peut penser aux baies rouges ou éventuellement au blaireau, petit mammifère authentique, proche du castor. »
Là, je vous l'avoue, j'ai éclaté de rire ! Tout d'abord j'ai réfléchi un moment : pourquoi les baies rouges ? J'ai fini par me rendre à l'évidence : Bayrou, prononcé à la parisienne, ça donne « Bairou ». Désolé, Madame Bessis : la ville de Paris se prononce « Pari » et non pas « Parisse » et Bayrou se prononce « Baillerou » et non pas « Bairou » ! Vu que vous semblez être amatrice de mots-valises, avouez que ça change tout ! Un roux qui baille (sous l'effet d'un discours du candidat ?), c'est quand même moins vendeur qu'une « baie rouge ». Quand au blaireau, il m'a achevé. Moi quand je lis « blaireau », surtout venant d'une parisienne, plutôt qu'un animal sympathique j'imagine un pécore mal dégrossi, portant marcel et bob Ricard, chassant le dimanche et conduisant sa BX « tuning » avec de la boue plein les sabots. Et quand on pense à Bayrou dans ce registre là, on ne peut que sourire, même si je suis convaincu qu'en vérité, il ne mérite pas ça.
En résumé, Monsieur Bayrou, si j'ai un conseil à vous donner, c'est bien celui de ne jamais choisir l'agence Bessis comme conseil en communication,  ce serait suicidaire ! Quand à Madame Bessis, je dois bien le dire, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un tel tissu de conneries. L'approximation, l'amateurisme, voire la totale fantaisie de vos allégations me poussent à me demander si vous étiez sérieuse en écrivant ce texte ? Je préfèrerais mille fois penser qu'il s'agissait en fait d'un texte parodique plutôt que de me dire qu'un de mes hebdos favoris fait appel à des chroniqueurs incompétents.

Stéphane Pocrain : du militantisme à la publicité
Nous vivons une époque cynique, et le parcours de Stéphane Pocrain en est une des illustrations. Successivement porte-parole du mouvement lycéen en 1990, porte-parole des Verts en 1998 après un passage à l'Unef-ID et Génération Écologie, Fondateur du Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran) Candidat Verts-PS malheureux dans la 5e circonscription de l'Essonne, chroniqueur télé au côté de Laurent Ruquier dans On a tout essayé sur France 2 et N'ayons pas peur des mots sur I-Télé et vaguement candidat pour les présidentielles, voici maintenant que l'ami Pocrain devient, à 35 ans, vice-président de l'agence de publicité Draft-FCB.
Nul doute qu'il saura s'inspirer de son parcours personnel pour expliquer à ses clients comment occuper en permanence le devant de la scène et se mettre sous le feu des projecteurs, même quand on n'a pas grand chose à raconter. Mais, je ne sais pas pourquoi, ce jeune homme si doué n'a jamais vraiment réussi à convaincre le public et l'électorat. Comme il est noir, notre brillante psychanalyste-conseil-en-communication Corinne Bessis (voir paragraphe précédent) dirait sûrement que c'est parce que sa « peau craint ». Je pense surtout que c'est parce qu'il est dévoré par l'ambition, ce qui le pousse à tous les opportunismes, et que cela se voit trop. Cependant, je ne me fais pas de souci pour lui. Si son expérience publicitaire échoue, aucun doute qu'il saura rebondir. À partir de là, les paris sont ouverts sur sa prochaine carrière-éclair : chanteur de R'n'B ? Écrivain ? Homme d'affaires ? Gourou ? En attendant, toujours d'après le Stratégie n°1444 du 15/2/07, il va se rendre utile en faisant un truc hyper indispensable pour sa nouvelle agence de pub : « réaliser un écobilan du fonctionnement de l'agence, avec notamment des audits externes sur les processus de recrutement réalisés avant l'été 2007. » Trop fort, Stéphane !

Et maintenant, les chouchous des medias
Il y a quelques mois dans un article intitulé « Pourquoi Ségolène Royal va gagner les élections présidentielles 2007 » j'expliquais, de façon un petit peu téméraire, je le reconnais, toutes les qualités de la « marque » Royal. Cet article reste à ce jour le plus lu dans ce blog (et je vous remercie au passage, amis lecteurs, pour vos e-mails, tout en regrettant que vous n'ayez pas souhaité rendre certains de vos commentaires publics). Aujourd'hui, presque à mi-campagne, je mesure la portée du risque pris lorsque l'on affirme ce genre de choses avec certitude. Et, alors que le bonnet d'âne me pend au nez, je voudrais désormais apporter quelques précisions complémentaires.
Les événements récents nous forcent à constater que la marque la mieux placée a priori peut se retrouver en difficulté du fait d'une campagne de communication hasardeuse. La marque concurrente était pourtant mal partie : ministre au bilan peu reluisant, prises de position atlantistes douteuses, patronyme évoquant davantage une maladie orpheline que la grandeur d'un pays, sans parler d'une allure physique manquant de « hauteur » ? Les handicaps de départ étaient lourds. Cependant, à force de sérieux, d'opiniâtreté, de travail et de professionnalisme, cette marque a réussi peu à peu à prendre le leadership en matière d'intentions de vote. Alors, que s'est il passé ?
N'en déplaise à Jean-Michel Apathie (Chroniqueur politique pour Canal+ et Metro), le dernier gros « coup » publicitaire de Ségolène Royal avant sa dégringolade dans les sondages, a eu lieu le jour de l'investiture du candidat de l'UMP. Alors que ce dernier réunissait 27 000 personnes à la Mutualité dans un show événementiel magnifiquement organisé, elle apparaissait au journal de 20 heures en pull et bottes en caoutchouc, dans une petite étable, un agneau dans les bras, visitant un éleveur de la France rurale. Pour Apathie (j'invite d'ailleurs la géniale Corinne Bessis à se pencher sur l'analyse de ce patronyme), Ségolène était à côté de la plaque. Mais moi, sur ce coup, je crie au génie (publicitaire, bien entendu). Face à une machine de guerre impeccable et implacable elle opposait une image à la simplicité biblique : la madone, l'agneau, la paix. Chapeau, Madame Royal, pour ce contrepoint, certes improvisé, mais parfait du point de vue sémiologique.
Seulement, les bonnes idées ne font pas tout et il arrive un moment où un peu de professionnalisme dans la démarche de communication est indispensable.

Le candidat de l'UMP, lui est visiblement très bien entouré. On le trouvait « anxiogène » : pas de problème, il se calme et le fait savoir (« J'ai changé »). On le trouvait trop à droite : pas de problème, il se met à aimer les SDF et à se réclamer de Jean Jaurès et Léon Blum. « La rupture tranquille » en froissait certains, qu'a cela ne tienne, on la transforme en un plus consensuel « Ensemble, tout devient possible ». De plus, aucun media ne critique ces zigzags idéologiques (certains les qualifieront d'ajustements), bien au contraire : tout le monde rivalise de zèle pour se faire son porte-parole. Nous avons donc ici affaire à un « candidat-marque » qui a suffisamment de souplesse et d'intelligence pour adapter son attitude et son discours à la demande, et suffisamment de sérieux dans le travail de relations presse pour arriver à diffuser son image dans les medias influents. Le ministre-candidat, sait parfaitement exploiter tous ses atouts : triple casquette, allégeance des grands médias, efficacité et soutien de son équipe, discipline de ses militants, pour occuper le devant de la scène à tout moment. Il attaque systématiquement l'adversaire de façon directe ou indirecte, la minimise voire la ridiculise sous n'importe quel prétexte, mais surtout, il soigne et impose son image par la répétition. Cela s'appelle de la communication politique réussie, et quand c'est bien fait, ça marche. La preuve : les sondages le donnent favori.

Je ne prends alors pas grand risque en affirmant aujourd'hui que la grande gagnante de cette campagne électorale est, d'ores et déjà, la communication, dans son ensemble. Je ne parle pas ici de la pub à la Jacques « Farce tranquille » Séguéla ou des petites formules à la Jean-Pierre « The yes needs the no » Raffarin, mais bel et bien d'une communication globale, technique et multiforme, présente sur tous les fronts de notre métier : événementiel, relations presse, media planning, concept créatif et internet. L'époque des hommes politiques qui se faisaient élire uniquement pour leur programme est désormais révolue. Le temps des publicitaires approximatifs masquant leur vacuité par des jets de paillettes est désormais compté.
Nous sommes, enfin, pour le meilleur et pour le pire, définitivement entrés dans l'ère de la toute-puissante communication, la vraie (imaginer ici une voix caverneuse à la Dark Vador, suivie d'un rire démoniaque avec beaucoup d'écho).
Que la force soit avec nous…
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
ajouter un commentaire commentaires (10)    créer un trackback recommander
Lundi 5 février 2007
  1. À l'occasion de la mise en ligne de l'album des peintures d'Isabelle Boulet, directrice artistique de l'agence Artmony, voici une petite interview de l'intéressée :

De par ton métier, tu crées toute la journée, pourquoi éprouves-tu le besoin de faire, en plus, de la peinture durant ton temps libre ?
Ce sont des images que j'ai en tête et je ressens le besoin de les faire exister.
De plus, dans ma peinture, je suis totalement libre, je n'ai aucune contrainte imposée par un client.

Quels sont les peintres qui t'influencent le plus ? Comment définis-tu ta peinture ?
J'admire beaucoup Claes Oldenburg, pour sa façon de détourner des objets usuels. Sinon mes peintres de référence sont Magritte, David Hockney (pour les couleurs), Edward hopper, Jasper Jones. J'aime aussi le travail de François Boisrond. Mais ils m'inspirent en me donnant envie de peindre, pas de copier leur style...
Ma peinture vient de mes tripes ! N'oublie pas que j'ai grandi à Nîmes ! [NDLR : la 1re toile d'Isabelle mise en ligne dans l'album est un taureau de combat].

Verra-t-on d'autres toiles bientôt ?
Oui, sans aucun doute ! Des grands formats et le blog d'Artmony en aura la primeur, bien sûr.

Merci Isabelle, et à bientôt dans ton album dédié sur le blog...
par Emmanuel Quéritet publié dans : Arts plastiques, BD, illustration
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Jeudi 25 janvier 2007
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, depuis le début du mois, la grande distribution, premier annonceur de France, devant l’automobile et la téléphonie, a enfin obtenu le droit de se promouvoir à travers le tube cathodique. Des années que les grandes enseignes attendaient ça ! Du point de vue du consommateur, habitué au matraquage, pas grande différence : quelques marques de plus dans les tunnels du prime-time. Du point de vue économique et culturel, en revanche, les pessimistes s’attendent à des effets secondaires indésirables.

Une aubaine pour les chaînes de télévision.
D’après les chiffres publiés dans Stratégies du 11 janvier, c’est TF1 qui s’est taillé la part du lion, suivi par M6. À eux deux ils absorbent 84% de cette nouvelle manne publicitaire. France 2, France 3 et France 5 sont loin derrière, avec Canal+ comme bon dernier. Mais comme le fait remarquer Alexandre Debouté, l’auteur de l’article, les budgets n’étant pas extensibles à l’infini, nous assisterons à des transferts dont les autres medias feront les frais. « Les transferts de budgets toucheront la publicité non adressée (Champion supprimera 2 catalogues en 2007), mais surtout les grands medias nationaux. […] Selon une étude Ad Barometer, les recettes publicitaires vont diminuer en 2007 de 37 millions d’euros pour l’affichage, de 33 millions pour la radio, de 28 millions pour la presse quotidienne et de 22 milllions pour la presse magazine.»

Un drame pour la presse quotidienne régionale ?
C’est ce que sous-entend, dans le Télérama de la même semaine, Vincent Rémy, dont la « grand-tante du Jura et la cousine du Périgord s’inquiètent pour le sort de leur quotidien régional, qui risque de voir fondre ses recettes publicitaires, alimentées par les annonces des supermarchés du coin ». Effectivement, il souligne aussi le fait que le montant total de l’investissement publicitaire ne sera pas augmenté et que donc on risque fort de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Je ne vous cache pas que cette vision des choses m’a laissé un peu inquiet. Je suis en effet très attaché à l’écrit et à tout ce qui s’y rapporte et les sombres perspectives de l’édition en général me flanquent régulièrement le cafard.

La vision d’un homme de terrain
Il y a deux jours, j’étais en réunion avec un commercial d’un grand quotidien régional et je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander son avis sur la question. Il m’a indiqué que, selon ses sources, les perdants de l’histoire seront les grands quotidiens nationaux et la presse magazine. En effet, il y a, d’après lui, fort à parier pour que la majeure partie de la communication institutionnelle passe par la télé, mais la communication commerciale (promos, etc.) restera, voire sera renforcée, sur les médias de proximité (PQR et radio). Pour l’instant, il est trop tôt pour voir une tendance se dessiner, mais il m’a promis de me tenir au courant. Tout en me disant, clin d’œil à l’appui, que si il ne m’appelait pas c’est qu’il n’aurait rien d’interessant à me dire (sous-entendu, qu’il s’est planté dans ses prévisions).

En conclusion : pas de panique, pour l’instant, pour la PQR. Mais, on le voit, l’avenir reste bien sombre pour la presse en général, qui, d’après ce même commercial, n’existera plus dans 90 ans (!). Je vous laisse avec cette prophétie de Cassandre, tout en me disant que d’autres articles feront suite sur ce thème riche et passionnant.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
ajouter un commentaire commentaires (6)    créer un trackback recommander
Lundi 15 janvier 2007
Tiens, puisque j’en parle sur le post précédent, autant faire le point sur cette profession mystérieuse qui hante les cv depuis la fin des années 80 : l’infographiste.
Quand on cherche dans le Larousse il n’y a rien entre les mots influx et in-folio, terme qui, au passage a quand même une lointaine relation, bien involontaire, avec notre sujet (In-folio : adj . inv. Et n.m. inv. Se dit du format déterminé par le pliage d’une feuille d’impression en 2 feuillets, soit 4 pages ; livre de ce format). Excédé par ce vide dont, tout comme la nature, j’ai horreur, je vais donc tenter de le combler.

Avant, tout était simple, c’était le paradis
La pub ne s’appelait pas encore la com, le directeur de création produisait des concepts, le directeur artistique imaginait des jolis visuels, le graphiste concepteur dessinait et le graphiste exécutant découpait, collait et coloriait. On montrait au client des « roughs », dessins au feutres à partir desquels il devait plus ou moins s’imaginer que là, il y aurait un top model et là, son super yaourt. Le truc écrit à la main en haut c’était l’accroche et le rectangle jaune en bas avec écrit bolo bolo bolo bolo bolo, c’était la body-copy. Le truc moche découpé en bas à droite figurait le packshot et le gribouillis son logo. On lui expliquait, avec beaucoup de conviction, que le texte serait écrit en garamond corps 12 et que l’accroche serait composée en Univers corps 48. Le client opinait du chef, tout le monde se serrait la main et on envoyait une équipe de 4 personnes pendant 8 jours en Martinique pour faire UNE photo représentant un mannequin en maillot de bains sur la plage en train de manger le fameux yaourt.
Nous étions en 1985 et le D.A. qui revenait de Martinique tout bronzé avec la photo en question dans ses bagages ignorait qu’il vivait ses derniers instants de bonheur…

Puis, deux inconscients ont croqué la pomme !
Le monde de la création informatique en était à ses balbutiements. Certains d’entre-vous se souviennent peut-être de l’Atari, doué pour la musique, de l’Amiga (de chez Commodore), extraordinaire pour le graphisme 2D et 3D et de son système d’exploitation Amiga Dos à l’interface on ne peut plus conviviale. À l’époque, le PC était une machine ridicule où le MS DOS affichait des caractères verts sur fond noir, façon Matrix. Cette donne allait être bouleversée par l’arrivée du petit nouveau issu de l’imagination géniale de Steve Wozniack et Steve Jobs, fondateurs de la firme Apple : le Macintosh.
Le premier modèle, sans disque dur, avec 128ko de RAM (c'est lui->) avait une puissance insignifiante comparée aux Mac Pro d’aujourd’hui. Autant comparer un Vélosolex à l'Airbus A380. Cependant, on pouvait déjà s’amuser à dessiner avec un les logiciels SuperPaint et MacDraw (tout en bitmap, bien pixellisé) et écrire ses mémoires avec le fameux MacWrite. Ah ! La douce poésie baveuse de la police « Chicago » !
En 1988, la firme Adobe développait le langage postscript, le dessin vectoriel, de son côté le logiciel Page Maker permettait de faire des vraies mise en pages, tout cela annonçait le déclin de la planche de Letraset et du feutre Pantone.

Place aux nouveaux métiers, dont celui d’infographiste.
Dès le début des années 90, avec l’arrivée de Quark Xpress et de Photoshop, la Publication Assistée par Ordinateur était en ordre de bataille pour révolutionner l’ensemble de la chaîne graphique. À cette époque-là, il suffisait de s’acheter un micro-ordinateur équipé de quelques logiciels pour s’auto-proclamer « Infographiste ». Le marché se trouva alors inondé d’individus qui, sans aucune compétence ni en typographie, ni en dessin, ni en quelconque autre matière des Arts appliqués se mettaient à offrir leurs services pour mettre en forme des documents de communication visuelle. Ce règne de la bidouille a duré toute la décennie, et se vit même amplifié par la bulle internet.

Mais alors, un infographiste, c’est quoi au juste ?
Il n’existe aucune définition véritablement professionnelle du terme.
À la base, les gens qui ont créé ce néologisme voulaient certainement dire « graphiste qui utilise un ordinateur ». Ce qui est totalement inutile. Appelle-t-on un « infocomptable » un comptable qui utilise un ordinateur ? Appelle-t-on une « infosecrétaire » une secrétaire qui utilise un PC avec des logiciels de bureautique ? Non, toi le petit malin au fond à gauche, nymphosecrétaire, ça n'a rien à voir ;-)
Allez savoir pourquoi, dans notre métier, on s’est senti obligé de mettre en avant l’outil plutôt que le métier…Peut-être parce que ceux qui s’étaient lancés dans cette activité après avoir acheté un ordinateur et suivi un stage d’initiation de 2 mois aux logiciels de PAO avaient conscience de leurs lacunes et ne s’assumaient pas réellement en tant que graphistes ?

Mes définitions du terme « Infographiste »
À l’heure actuelle, je tolère l’utilisation du terme dans trois cas de figure très précis :

L’infographiste de Presse
En gros, c’est un illustrateur plutôt technique qui passe beaucoup de temps à combiner plusieurs types de logiciels pour faire des schémas explicatifs dans la presse. Je reste parfois admiratif et fasciné par des éclatés de coques de paquebots faisant apparaître salle des machines, cuisines, cabines dans leurs moindres détails. Dans ce cas, infographie est un condensé de « graphisme » et d’ « information ».

L’infographiste 3D
Expert en logiciels 3D, ce personnage hybride, mi-illustrateur mi-mathématicien, est suffisamment intelligent pour maîtriser des chaînes de logiciels complexes (modelling, rendering, animation) et a suffisamment de talent pour rendre ça très beau. Il paraît que les studios hollywoodiens sont farcis d’infographistes 3D français à qui l’on doit certaines des meilleures images de synthèse de Star Wars, Jurasssic Park ou King Kong.

L’infographiste web (ou web-designer, terme que je préfère car plus précis)
Il travaille souvent, comme ses collègues 3D, main dans la main avec les informaticiens pour créer des sites web. Ceci implique qu’il connaisse leur langage et soit capable de créer des interfaces de navigation esthétiques et fonctionnelles, parfois ludiques, mais toujours ergonomiques.

Ces métiers sont maintenant abordés dans les filères d'Arts appliqués les plus sérieuses.

Pour tout le reste, et surtout en ce qui concerne le design, l'illustration, la création, la communication visuelle et l’édition, plutôt qu’INFOGRAPHISTE, je préfère, de loin, UN VRAI GRAPHISTE !
par Emmanuel Quéritet publié dans : Communication et publicité
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus