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Le blog d'Emmanuel Quéritet, dirigeant de l'agence HAPPY (anciennement ARTMONY), implantée à Toulouse et à Bordeaux.


To Lose 2013

Publié par Emmanuel Quéritet sur 17 Septembre 2008, 09:18am

Catégories : #Événement

Ça y est, la nouvelle est tombée hier, peu après 18h00 : ce sera donc Marseille qui sera Capitale Européenne de la Culture en 2013.
Un résultat qui, à y bien regarder, n’est pas si surprenant que ça. En effet, il y a quelques mois, lorsque les prétendants se sont mis en lices, Marseille faisait déjà office de favori. Elle cumulait déjà de nombreux atouts majeurs : forte image et grande notoriété, adhésion et mobilisation des acteurs culturels autour de la candidature, identité affirmée…
Lorsque l’on étudie de près l’historique de la candidature Toulousaine, en revanche, cela ressemble tout à fait à l’itinéraire d’un échec sinon annoncé, du moins prévisible. Une équipe municipale à court d’idée qui ne trouve rien de mieux pour porter sa candidature que de faire appel à un personnage réputé pour sa propension à brasser de l’air et dilapider les fonds publics… Ajoutez à cela un changement d’équipe municipale en cours de candidature, une réorientation du projet en fonction de l’alternance politique, une mobilisation réelle, mais tardive des acteurs économiques : tout cela manquait franchement de sérénité pour pouvoir réellement prétendre au succès.

Des logos qui parlent
Tout à ma réflexion sur le sujet, depuis quelque jours, je me suis livré à un exercice dont vous, amis lecteurs, semblez être particulièrement friands : l’analyse critique des logos des villes candidates.

- Je passerai rapidement sur le logo Lyon 2013 (normalement un gif animé qui change de couleur). Pas grand chose à dire : comme la ville d’où il est issu, il est gros, pas très beau, il prend beaucoup de place mais n’est pas très excitant… Le reste de la candidature, si j’en crois leur site internet, était d’ailleurs à l’avenant, je la qualifierais de « poussive ».

- Le logo de Toulouse 2013 n’est pas non plus un chef d’œuvre en la matière tant on pourrait croire que sa typo manuscrite gentillette et faiblarde est issue des travaux préparatoires d’un mauvais élève de première année de BTS communication visuelle. Sans inventivité ni talent, voire même bâclé, ce logo présente un déficit signifiant pathétique. Ah si, y’a du rose. Eh ouais les mecs : Toulouse ville rose, con ! À pleurer je vous dis…

Passons maintenant aux choses sérieuses : les bons élèves !

- Le logo de Bordeaux 2013 est révélateur, à mon sens aussi bien de la grande richesse de cette ville en matière de création graphique (j’aurai l’occasion d’en reparler), que de son corollaire obligé pour réussir de belles choses : la capacité des décideurs à choisir et assumer des créations originales et de bon goût… Ici tout l’impact vient d’une idée simple : cette typo futuriste qui permet de faire du « B » de Bordeaux, le chiffre « 13 ». On y associe un bandeau dégradé arc-en-ciel évoquant la diversité, la pluralité à la fois des acteurs et des disciplines. En résumé : futurisme, richesse et diversité, fusion du nom de la ville avec la date… C’est ce que j’appelle un excellent logo qui allie pertinence signifiante et esthétique.

- Pour finir, le logo de Marseille est, à l’image du succès de la ville dans la compétition, une grande réussite. Il évoque à merveille l’identité de la cité et de sa région : cette diversité culturelle réelle, ces différences en action qui structurent réellement le projet pour finir par en faire un tout harmonieux et chatoyant. Son originalité structurelle, sa capacité à surprendre sans trahir ses racines ne compromettent cependant pas le positionnement institutionnel de la candidature. Vu d’Allemagne, d’Angleterre ou même de Lille ou de Toulouse, sans même connaître le contenu du projet, voilà un logo qui donne envie d’aller faire un tour à Marseille en 2013.
J’ai souvent tendance à dire qu’un logo résume à lui seul l’ensemble des problématiques de communication. Un logo réussi part souvent d’un cahier des charges complet et bien structuré, lui-même basé sur un projet à l’identité riche…

Alors, maintenant, on fait quoi, nous les losers ?

Une fois les larmes séchées, les rancœurs éteintes, le sac de persiflages vidé, on relève la tête et on regarde autour. C’est quoi, le label 2013 ? Une étiquette, rien de plus ! Avons-nous besoin de porter une étiquette « capitale culturelle » pour en être une vraiment ? Des villes comme Barcelone, Bilbao, Florence, ont-elles besoin de porter cette étiquette pour rayonner au niveau Européen, voire mondial ?
Pendant sa campagne électorale, Pierre Cohen, le nouveau Maire de Toulouse a dit « Toulouse doit être une capitale culturelle tous les jours et tous les ans », et il avait raison. Devenir une capitale culturelle, ce n’est pas s’agiter tout d’un coup en montant un dossier pour un quelconque concours ou label ! C’est, au contraire, impulser une véritable dynamique qui se traduit, entre autre, en accompagnant et soutenant de façon durable les infrastructures et les réseaux qui permettent de favoriser la richesse et le rayonnement culturel de la ville.  C'est mettre en place les politiques d'équipement, d'échanges, de formation qui permettent l'émergence et l'épanouissement des talents. Donc, Monsieur le Maire, quand j’entends « Toulouse capitale culturelle tous les jours et tous les ans », je n’ai qu’un mot à vous dire : chiche !
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Bertrand Damien 18/09/2008 14:41

Cet échec Toulousain est sans doute la somme d'un certain nombre de facteurs rappelés ici, et les enjeux politiques sont toujours on le sait sous-jacents. Néanmoins, il me semble que la vacuité du discours et du contenu culturel de Toulouse depuis quelques décennies suffise à expliquer beaucoup de choses. Je ne suis redevenu un acteur culturel local que depuis 2 ans, après avoir passé 15 ans à vadrouiller de capitales en capitales, de l'Europe au Continent Américain, et sans oublier le Moyen-Orient. Le retour dans mes pénates Gersoises me donnait chaque fois la douce sérénité recherchée, mais en même temps rendait plus cruelle encore la révélation de la létargie provinciale de ma ville rose comparée aux autres villes traversées dans mes périples professionnels, semaine après semaine. Douceur, mais ennui, et petitesse de tout.

Le constat est frustrant. Une ville où tout le monde rêve de vivre, une ville baignée de jeunesse et d'une formidable foule estudiantine, mais un trou du c...ulturel.

Cohen dit la vérité. La culture ne se décrète pas dans une candidature. Elle se construit patiemment, jour après jour. Les fondations n'existent pas. Alors, oui, Manu, chiche !!!!

Laurent Salbayre 17/09/2008 17:56

Bravo pour l’analyse graphique : aux aveugles comme moi elle rend la vue.

S’agissant de la victoire de Marseille, quelques interrogations. Le jury, comme tous les politiques de la majorité, s’est drapé dans la dignité en affirmant que le choix du vainqueur ne procède en aucun cas d’un calcul politique. Cependant voici une petite revue de presse...

Relevé dans « La Dépêche du Midi » : « Des pressions politiques ont-elles joué dans cette désignation ? La compétition mettait en lice deux villes socialistes (Lyon et Toulouse) et deux villes UMP (Bordeaux et Marseille). Dans le match Juppé-Gaudin [...] Fallait-il empêcher le maire de Bordeaux de continuer à redorer son blason et donner un lot de consolation à Gaudin qui ne sera pas président du Sénat ? »

Pompé encore dans « La Dépêche du Midi » et « 20minutes » : « Toulouse, soutenue par un groupe d'entreprises, notamment Airbus, a proposé un programme d'investissements et d'infrastructures nouvelles à hauteur de 450 millions d'euros. La ville rose, sa communauté d'agglomération, le département et la Région associés dans ce projet, ont revendiqué le soutien de 70 villes de L'Eurorégion et des retombées jusqu'en Espagne. [...] Toulouse n'aurait perdu que d'une voix face à Marseille…. »
« La cité phocéennes s'est appuyée sur les intercommunalités d'Aix-en-Provence, Arles, Salon-de-Provence, Martigues, Aubagne et Toulon, soit au total 2,2 millions d'habitants, a préparé 74 projets d'expositions, de spectacles, de commandes artistiques, de colloques et d'ateliers, pour un budget de 98 millions d'euros. Marseille prépare aussi la création de deux nouveaux festivals européens, «annuels et définitifs»: «Via Marseille» sur la création artistique dans l'espace public et «InterMed» sur la création contemporaine méditerranéenne. »

Piqué de nouveau dans « La Dépêche du Midi » « 20minutes » : « Le choix de Marseille « s'inscrit parfaitement dans la stratégie euro-méditerranéenne mise en avant par le président de la République et dans sa politique. » (Pierre Cohen). Notons que « Marseille est déjà capitale de l’Union pour la Méditerrannée son maire, JC Gaudin, vice président du conseil national de l'UMP. » [...] « Marseille est comme par hasard une ville où les parisiens peuvent se rendre en TGV. »

Copé/collé dans « Libétoulouse.fr » : « Olivier Poivre d’Arvor, le commissaire général de l’opération Toulouse 2013 saura à tous les coups se refaire la cerise ailleurs. Politiques et organisateurs de l'opération ont eu beau expliquer que des «dizaines de milliers de toulousains» avaient vibré à chacune de leurs manifestations, il semble que la déception en ville ne soit pas à la hauteur de l'engouement décrit... Toulouse devrait assez vite se remettre de cet échec. »
Douste Blazy avait désigné Poivre d'Arvor comme chef de projet, manière de s'attirer la reconnaissance du frère qui avant d'être viré régnait sur TF1. Méprisant les équipements et les acteurs culturels de la ville Poivre est arrivé à Toulouse comme dans une réserve d'indiens. Moudenc n'a pas osé (mais il n'a jamais rien osé de sa vie) remercier Poivre. Cohen, arrivé trop tard pour tout reprendre a zéro a continué. Pourtant des signaux lui étaient parvenus. La bronca qui avait accueilli Poivre lors de la présentation au TNT et ici même dans Libé des voix s'étaient élevées pour critiquer Poivre, sa suffisance, ses méthodes, son projet. Les 400 et quelques millions prévus allaient à des équipements. Poivre a oublié les acteurs culturels. La plus belle des salles, le plus somptueux des équipements, sans les saltimbanques est un tombeau, le tombeau du spectacle vivant. » [contribution]

Mais bravo à Marseille pour sa victoire... et son logo.
Et souhaitons la bienvenue à la culture à Toulouse, enfin !, et bonne route. Même si le calendrier sera sans doute modifié.

Emmanuel Quéritet 17/09/2008 21:05


Plutôt que de prêter l'oreille aux rumeurs et aux soupçons, qui me sont parvenus tout comme à toi, je préfère rester sur ma première impression, il y a un an et
quelques, au tout début... Et à cette époque-là je voyais déjà Marseille gagnante.


Jacme Gaudas 17/09/2008 15:26

Bien vu !
A part quelques innocents aux mains blèmes, qui croyait possible la nomination de Toulouse dans cette compétition.
Pour mémoire j'ai retrouvé le texte qu'avait écrit notre regrété ami Jean Vilotte en nevembre 2007 (il était alors candidat civique à la Mairie de toulouse.

TOULOUSE CAPITALE CULTURELLE ?

La fébrilité semble avoir gagné les milieux culturels toulousains : la candidature au label de capitale européenne de la culture en 2013 leur ferait même tourner la tête. Les élus aussi se sont embringué dans cette aventure incertaine et foncent sans trop réfléchir, me semble-t-il.

Avant de s’engager dans ce marathon périlleux, élus et acteurs culturels auraient du se poser quelques questions.
1/ Que fait la culture dans la vie en général ?
2/ Quel est le lien entre le culturel, le civique, le social et le politique ? Quels enseignements en tirer ?
3/ La fonction culturelle des villes.
4/ Qu’est-ce qu’une capitale culturelle ?

Reconnaître d’abord l’autonomie des choses de la culture. Le champ culturel a ses lois, ses façons de fonctionner qui lui sont exclusives. Penser « gérer » de la culture relève d’un raisonnement mécaniste qui ne saurait s’appliquer en ce domaine. Traiter des affaires culturelles comme on le ferait avec l’économie, est une aberration. La notion « d’aménagement culturel », par exemple, est une extrapolation de ce qui relève de l’aménagement du territoire, et qui, appliqué au champ culturel, n’est d’aucun secours.
Se persuader ensuite que le culturel façonne notre vie collective. Rien de ce qui advient n’en est étranger. Le social, l’économie, le politique même se pensent dans une culture.
La fonction culturelle des villes, notion sur laquelle s’appuie Félix-Marcel CASTAN pour une réelle décentralisation doit servir de trame pour caractériser chaque ville, dans sa singularité. Car chaque ville est unique.
Une capitale culturelle, c’est une ville qui fait la synthèse des grands courants de pensée et de création qui s’y croisent, et qui, à partir de là, se pense elle-même.

Par rapport à la façon dont Toulouse s’y prend pour aborder cette candidature, je ne pense pas que ce soit en faisant voler des poissons géants sur la place du Capitole qu’on devient capitale culturelle !

Alors, pour balayer toute cette acculturation, toute cette provincialisation, tout ce centralisme, une seule solution : lire Félix-Marcel CASTAN*** et réfléchir. Penser, tout simplement, en acteur majeur et pas en assisté.

*** F.M.CASTAN (1920-2001) écrivain occitan, théoricien et praticien de la décentralisation culturelle. Le seul à avoir lié décentralisation culturelle et langues de France. Lire en premier son « Manifeste anticentraliste et anti-régionaliste » Ed Cocagne 1984. On peut le trouver à la librairie occitane rue du Taur.

Pour ^tre complet, sachez que les 8 et 9 novembre vont se dérouler les Journées de Larrazt (82) et cette année le thème est : "La pensée et l'oeuvre de Félix Castan". Passage obligatoire pour qui veut agir sur le domaine culturel !!!!

Emmanuel Quéritet 17/09/2008 21:01


J'irai plus loin que toi Jacme, en affirmant que la pensée de FM Castan devrait être enseignée d'urgence à Science-Po et à l'E.N.A. !
À part ça, l'absence de Jean Vilotte fait comme un vide, et pas qu'à Arnaud Bernard, c'est sûr...


Jean-Marc Cortade 17/09/2008 14:45

Certain renard gascon, d’autres disent normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galand en eut fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait point atteindre :
« Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. »
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

La Fontaine (Le renard et les raisins)

Emmanuel Quéritet 17/09/2008 20:58


Oui, et en plus, les raisins trop verts, ça donne le caca mou...
Plus sérieusement, Jean-Marc, je t'avoue qu'un des brouillons de cet article, non retenu au final, se terminait par "Eh bien dansez maintenant..."
La Fontaine, ça va avec tout ;-)


immo Toulouse 17/09/2008 13:14

J'avoue qu'en toulousaine, je ne m'étais pas intéressée aux autres villes candidates / finalistes. Je ne connais pas le dossier de Marseille mais si on n'en juge juste par le logo, je comprends pourquoi Toulouse n'a pas été sélectionnée.

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