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Le blog d'Emmanuel Quéritet, dirigeant de l'agence HAPPY (anciennement ARTMONY), implantée à Toulouse et à Bordeaux.


Les petits métiers de la com' (2) : L'infographiste

Publié par Emmanuel Quéritet sur 15 Janvier 2007, 18:15pm

Catégories : #Communication et publicité

Tiens, puisque j’en parle sur le post précédent, autant faire le point sur cette profession mystérieuse qui hante les cv depuis la fin des années 80 : l’infographiste.
Quand on cherche dans le Larousse il n’y a rien entre les mots influx et in-folio, terme qui, au passage a quand même une lointaine relation, bien involontaire, avec notre sujet (In-folio : adj . inv. Et n.m. inv. Se dit du format déterminé par le pliage d’une feuille d’impression en 2 feuillets, soit 4 pages ; livre de ce format). Excédé par ce vide dont, tout comme la nature, j’ai horreur, je vais donc tenter de le combler.

Avant, tout était simple, c’était le paradis
La pub ne s’appelait pas encore la com, le directeur de création produisait des concepts, le directeur artistique imaginait des jolis visuels, le graphiste concepteur dessinait et le graphiste exécutant découpait, collait et coloriait. On montrait au client des « roughs », dessins au feutres à partir desquels il devait plus ou moins s’imaginer que là, il y aurait un top model et là, son super yaourt. Le truc écrit à la main en haut c’était l’accroche et le rectangle jaune en bas avec écrit bolo bolo bolo bolo bolo, c’était la body-copy. Le truc moche découpé en bas à droite figurait le packshot et le gribouillis son logo. On lui expliquait, avec beaucoup de conviction, que le texte serait écrit en garamond corps 12 et que l’accroche serait composée en Univers corps 48. Le client opinait du chef, tout le monde se serrait la main et on envoyait une équipe de 4 personnes pendant 8 jours en Martinique pour faire UNE photo représentant un mannequin en maillot de bains sur la plage en train de manger le fameux yaourt.
Nous étions en 1985 et le D.A. qui revenait de Martinique tout bronzé avec la photo en question dans ses bagages ignorait qu’il vivait ses derniers instants de bonheur…

Puis, deux inconscients ont croqué la pomme !
Le monde de la création informatique en était à ses balbutiements. Certains d’entre-vous se souviennent peut-être de l’Atari, doué pour la musique, de l’Amiga (de chez Commodore), extraordinaire pour le graphisme 2D et 3D et de son système d’exploitation Amiga Dos à l’interface on ne peut plus conviviale. À l’époque, le PC était une machine ridicule où le MS DOS affichait des caractères verts sur fond noir, façon Matrix. Cette donne allait être bouleversée par l’arrivée du petit nouveau issu de l’imagination géniale de Steve Wozniack et Steve Jobs, fondateurs de la firme Apple : le Macintosh.
Le premier modèle, sans disque dur, avec 128ko de RAM (c'est lui->) avait une puissance insignifiante comparée aux Mac Pro d’aujourd’hui. Autant comparer un Vélosolex à l'Airbus A380. Cependant, on pouvait déjà s’amuser à dessiner avec un les logiciels SuperPaint et MacDraw (tout en bitmap, bien pixellisé) et écrire ses mémoires avec le fameux MacWrite. Ah ! La douce poésie baveuse de la police « Chicago » !
En 1988, la firme Adobe développait le langage postscript, le dessin vectoriel, de son côté le logiciel Page Maker permettait de faire des vraies mise en pages, tout cela annonçait le déclin de la planche de Letraset et du feutre Pantone.

Place aux nouveaux métiers, dont celui d’infographiste.
Dès le début des années 90, avec l’arrivée de Quark Xpress et de Photoshop, la Publication Assistée par Ordinateur était en ordre de bataille pour révolutionner l’ensemble de la chaîne graphique. À cette époque-là, il suffisait de s’acheter un micro-ordinateur équipé de quelques logiciels pour s’auto-proclamer « Infographiste ». Le marché se trouva alors inondé d’individus qui, sans aucune compétence ni en typographie, ni en dessin, ni en quelconque autre matière des Arts appliqués se mettaient à offrir leurs services pour mettre en forme des documents de communication visuelle. Ce règne de la bidouille a duré toute la décennie, et se vit même amplifié par la bulle internet.

Mais alors, un infographiste, c’est quoi au juste ?
Il n’existe aucune définition véritablement professionnelle du terme.
À la base, les gens qui ont créé ce néologisme voulaient certainement dire « graphiste qui utilise un ordinateur ». Ce qui est totalement inutile. Appelle-t-on un « infocomptable » un comptable qui utilise un ordinateur ? Appelle-t-on une « infosecrétaire » une secrétaire qui utilise un PC avec des logiciels de bureautique ? Non, toi le petit malin au fond à gauche, nymphosecrétaire, ça n'a rien à voir ;-)
Allez savoir pourquoi, dans notre métier, on s’est senti obligé de mettre en avant l’outil plutôt que le métier…Peut-être parce que ceux qui s’étaient lancés dans cette activité après avoir acheté un ordinateur et suivi un stage d’initiation de 2 mois aux logiciels de PAO avaient conscience de leurs lacunes et ne s’assumaient pas réellement en tant que graphistes ?

Mes définitions du terme « Infographiste »
À l’heure actuelle, je tolère l’utilisation du terme dans trois cas de figure très précis :

L’infographiste de Presse
En gros, c’est un illustrateur plutôt technique qui passe beaucoup de temps à combiner plusieurs types de logiciels pour faire des schémas explicatifs dans la presse. Je reste parfois admiratif et fasciné par des éclatés de coques de paquebots faisant apparaître salle des machines, cuisines, cabines dans leurs moindres détails. Dans ce cas, infographie est un condensé de « graphisme » et d’ « information ».

L’infographiste 3D
Expert en logiciels 3D, ce personnage hybride, mi-illustrateur mi-mathématicien, est suffisamment intelligent pour maîtriser des chaînes de logiciels complexes (modelling, rendering, animation) et a suffisamment de talent pour rendre ça très beau. Il paraît que les studios hollywoodiens sont farcis d’infographistes 3D français à qui l’on doit certaines des meilleures images de synthèse de Star Wars, Jurasssic Park ou King Kong.

L’infographiste web (ou web-designer, terme que je préfère car plus précis)
Il travaille souvent, comme ses collègues 3D, main dans la main avec les informaticiens pour créer des sites web. Ceci implique qu’il connaisse leur langage et soit capable de créer des interfaces de navigation esthétiques et fonctionnelles, parfois ludiques, mais toujours ergonomiques.

Ces métiers sont maintenant abordés dans les filères d'Arts appliqués les plus sérieuses.

Pour tout le reste, et surtout en ce qui concerne le design, l'illustration, la création, la communication visuelle et l’édition, plutôt qu’INFOGRAPHISTE, je préfère, de loin, UN VRAI GRAPHISTE !
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