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Mercredi 4 juin 2008
Il y a quelques temps, nous avons été contactés par les Publissimes pour participer à l’édition 2008 de ce concours de publicité en Aquitaine. Le thème général de cette année est particulièrement intéressant puisqu’il s’agit de décerner les Trophées de la communication responsable. 9 trophées seront décernés en tout dans des catégories différentes. Un peu notre festival de Cannes, quoi. À ce détail près que l’ensemble des projets présentés doit être en relation avec la communication durable, que cela soit au niveau du message (sensibilisation, pédagogie) ou des moyens et supports utilisés ou préconisés (matériaux recyclables et non-polluants, dématérialisation, etc.). Nous avions bien une campagne en cours pour Gaz de Bordeaux, concernant la promotion des installations d’eau chaude solaire, mais à la réflexion, nous avons choisi de ne pas concourir. Pour quelle raison ? L’Éthique, tout simplement.


Elle était pourtant bien la campagne Gaz de Bordeaux, alors, pourquoi ? Hein ? Pourquoi ?


Vous avez dit, responsable ?
Si la communication éco-responsable implique une grande rigueur dans la mise en œuvre du projet (produit ou message « durables », matériaux « écologiques », optimisation du « bilan carbone », etc.), elle nécessite évidemment un client motivé, conscient des efforts à faire pour suivre cette voie et, au départ, une agence réellement engagée dans la mise en œuvre des processus durables. Et c’est là où le bât blesse : je ne doute pas de la volonté et de la sincérité d’une grande partie des clients, notamment publics et para-publics, mais j’ai en revanche de grosses interrogations concernant la réelle capacité et volonté des agences à assumer pleinement des préconisations en communication durable. Pour être tout à fait franc, je ne connais que deux ou trois agences dans le grand Sud-Ouest en mesure de remplir l’ensemble des conditions « durables » (n’insistez pas, je n’écrirai pas leur nom ici — mais vous pouvez me téléphoner). Donc, tout comme vous, je suivrai avec attention le palmarès des Publissimes 2008, le 10 juin prochain.
Si vous avez bien suivi mon raisonnement, vous avez compris qu’aujourd’hui, à mon avis, Artmony n’a pas encore mis en place en interne suffisamment de comportements vertueux pour pouvoir prétendre conseiller des clients et encore moins concourir à un prix centré sur la problématique « responsable ».

La longue marche
Mais, on y travaille : souvenez-vous d’ailleurs de cet article, l’année dernière, où nous vous expliquions combien il était difficile pour une entreprise située en centre-ville de Toulouse de pratiquer le tri sélectif. Saviez-vous, par exemple que chaque salarié français produit en moyenne 80 kg de déchets de bureau par an, dont seulement 15% sont récupérés et recyclés ? Bien évidemment, le papier occupe une grande place dans ces déchets et une feuille de papier est recyclable 10 FOIS ( !)
Donc, nous n’avons pas baissé les bras et nous avons continué à remplir nos sacs de 60 litres et à les porter au bac de collecte volontaire le plus proche, situé à 10 minutes à pied du bureau…
Parallèlement à cela, nous commandons depuis plusieurs années l’intégralité de nos fournitures papier (ramettes, classeurs, blocs-note, enveloppes, etc…) à une SCOP toulousaine spécialisée dans le papier recyclé : ADOM Diffusion (05 61 34 00 74). Nous entretenons ainsi l’économie de proximité et, à l’inverse des gros fournisseurs de bureaux habituels par correspondance, nous limitons les durées de transports (et les allées et venues de camions).

Pour éviter ça (entre autres), il faut commencer par balayer devant sa porte !

Le miracle : Green Buro
Il y a quelques semaines la solution miracle s’est présentée à nous par l’intermédiaire d’un appel téléphonique : Mathieu Poupon, de la société Green Buro avait du entendre nos prières désespérées. Engagée dans le développement durable, sa société aide les entreprises dans la démarche du tri sélectif. Pour être clair, ils proposent :
- L’évaluation des quantités de papier et autres déchets de bureau générées par l’entreprise ;
- L’organisation de la collecte (horaires, etc.) ;
- L’information du personnel sur les bonnes pratiques ;
- Etc.
Inutile de vous dire que nous n’avons pas hésité une seconde pour nous débarasser de la corvée de portage du sac. Sans compter que Green Buro propose également de recycler les fournitures informatiques et de collecter les piles usagées.

Si vous travaillez en Haute-Garonne et que, comme plus de 61% des français vous estimez que l’entreprise ne se limite pas à un rôle financier et qu’elle doit s’élargir à la citoyenneté et à la solidarité, mais que vous ne savez pas par quel bout commencer votre démarche, il y a fort à parier que Green Buro peut vous aider.

Leurs coordonnées :

GREEN BURO
7, rue de Wagram – 31130 GRENADE
Tél. 05 61 82 96 74 – Port. 06 83 17 27 69
E-mail : greenburo@gmail.com


Et quant aux Publissimes, ma foi, je pense que si nous continuons comme ça, l'an prochain nous pourrons nous présenter la tête haute !!!!



par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté communauté : Ecologie et Environnement
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Mercredi 26 décembre 2007
Avis aux retardataires : si ce n'est déjà fait il ne vous reste que quelques jours pour vous inscrire sur les listes électorales en vue des élections municipales et cantonales de 2008. La date fatidique est le 31 décembre. C'est ce que nous rappelle de façon sympathique l'association Niçoise Agir contre le racisme, en recyclant, avec notre autorisation, une campagne réalisée par Artmony pour Stop Racisme en 2003.

À l'époque, Stop racisme nous avait sollicité afin de contrer l'effet terrible de la présence du FN aux second tour des présidentielles de 2002, en incitant les jeunes français issus de l'immigration à s'inscrire sur les listes électorales en prévision des élections régionales. Cette campagne avait d'ailleurs reçu le prix de l'affiche aux Publissimes, à Bordeaux, en 2003. L'accroche était alors "Je suis Français, je vote"

Aujourd'hui Agir contre le racisme transforme l'accroche en "Je suis citoyen(ne), je vote", car les élections municipales sont ouvertes aux ressortissants de la communauté européenne. Cela donne ceci (merci à Corinne Courvoisier d'Agir contre le Racisme) :





Tant que je suis dans ce sujet, j'en profite pour vous signaler l'affiche plutôt réussie produite sur ce thème par la Mairie de Toulouse dans un registre bien inhabituel compte-tenu de ses habitudes de communication : la provocation. Bon, c'est sûr, ça reste un peu timide. Il aurait été bon de graisser l'accroche pour accentuer l'effet dramatique en augmentant un peu le contraste entre l'accroche-teasing et la réponse. Mais l'idée est là et il faut avouer qu'elle est bonne, alors autant la saluer :

Je ne sais pas qui est l'auteur de cette création, si vous le connaissez merci de me le dire pour que je puisse le citer *

En attendant je vous souhaite d'excellentes fêtes de fin d'année et je vous dis "à l'année prochaine" !

* : La création est de Frédéric Lascours, Directeur Artistique de l'agence Himacom à Toulouse, merci à lui pour s'être fait connaître et encore bravo.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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Lundi 17 décembre 2007
Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de bondir à la vue des titres de certains journaux people (Point de Vue, Closer et, bien-sûr Paris-Match), titres largement repris par l’ensemble de la presse quotidienne, ce qui est un comble.
On nous présente comme un scoop, ce qui a, de toute évidence, été organisé par le service de presse du Président de la République : le petit Nicolas semblerait « fréquenter » la belle Carla Bruni.
Les lecteurs de ce blog savent l’hommage que j’ai rendu, en tant que professionnel de la communication, au président et à son staff pour les qualités techniques de leur campagne présidentielle. Mais là, j’avoue que cette nouvelle stratégie de relations-presse à base de grosses ficelles manque un peu trop de subtilité à mon goût…

Quelques sans-cœur mauvaises langues l’avaient accusé d’avoir retardé l’annonce de son divorce afin de contrer l’impact médiatique des grèves d’automne. Personnellement, et en toute sincérité, je n’y avais pas cru, pensant qu’il s’agissait d’une coïncidence.
Et ce matin, les photos du président en compagnie d’un ex-top model envahissent l’espace médiatique.
C’est sûr que Carla Bruni est quand-même beaucoup plus glamour que Khadafi…

Oui, vous avez compris, toute cette manœuvre est un leurre, un véritable écran de fumée médiatique destiné à nous faire oublier la dérangeante visite du dictateur Lybien.
Un petit coup de Carla Bruni, et hop ! Plus de polémique gênante. Tous les médias s’engouffrent dans la brèche, et l’opinion avec…

La question n’est donc plus de savoir si Nicolas divorce d’avec Cécilia ou si Nicolas couche avec Carla Bruni, mais bel et bien : jusqu’où un homme est il prêt à instrumentaliser sa vie privée pour manipuler l’opinion via les médias qui le soutiennent ? Qu’est ce que ce genre de manipulations peuvent nous enseigner sur l’état d’esprit et les méthodes de l’homme qui les organise ?

Chapeau, de nouveau, pour le coup de maître en communication, mais attention tout de même à ne pas lasser l’opinion, car, même si les français sont des veaux, il se pourrait bien qu’un jour ils se montrent moins naïfs, à défaut d’être lucides…
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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Vendredi 4 mai 2007
À la veille du second tour des élections présidentielle, la publicité réconcilie la France... C'est beau à voir !


En route pour l'Elysee
Vidéo envoyée par queritet


Merci au petit Michael, de Montaigut Lauragais (31540) pour cet envoi.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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Mardi 17 avril 2007
Je viens de recevoir chez moi les dépliants officiels de la campagne électorale. Très touché par cette débauche d’efforts des candidats pour s’attirer mon humble vote, j’ai tout lu d’un coup. Bien évidemment, comme à chaque fois que j’ai les yeux plus gros que le ventre, ça m’a donné une indigestion. Tout s’est mélangé dans ma tête et voilà le résultat :

Sauras-tu, amis lecteur, rendre à chaque candidat son slogan ?



Juste l’ordre

Ni Dieu, ni maître, ni plaid, Nihous

Le candidat présenté par sa mère

La valeur travail rend libre (En allemand : Arbeit macht frei)

Mangez des oranges

La France, on l’aime ou on l’habite (voire même les deux)

Arrêt Buffet

Byzance no, l'Élysée oui !

Buvez rosé

Arlette, J-5 pour la retraite

L'écologie, tout le monde s'en fout, et vous ?

sans oublier, mon préféré :

Ensemble, tout devient possible : même une femme présidente


Bon, je sais, on va encore me traiter de nihiliste désabusé, mais il est difficile de rire autrement que jaune avec certains sujets, surtout quand on écrit son blog en regardant l'émission de Yann Arthus-Bertrand. Allez, promis, dans le prochain article, je redeviens sérieux, vous allez voir.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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Samedi 24 février 2007
Je profite d'une semaine de repos dans les montagnes Ariégeoises pour prendre un peu de hauteur par rapport à un sujet d'actualité : les croisements de plus en plus fréquents entre la stratégie politique et la stratégie de communication, croisements qui frisent  l'amalgame de façon parfois comique, souvent préoccupante. Délire de publicitaire monomaniaque ? À vous de juger.

François Bayrou : l'analyse pour le moins "légère" de Corinne Bessis.
Corinne Bessis est une pointure. Ou en tout cas, elle en fait des tonnes pour nous en convaincre. elle dirige l'agence Bessis, spécialisée en conseil et création de noms et de plus, fait bénéficier l'excellent hebdomadaire Stratégies de la finesse de son expertise. À propos du nom Bayrou, analysé comme une marque, elle écrit des choses qui, il faut bien le dire, m'ont laissé perplexe. Jugez plutôt : « Le patronyme Bayrou […] à cause de sa terminaison typée, "rou", il évoque assez clairement un ancrage régional ancien, un terroir, plus particulièrement le Sud-Ouest, l'occitan ou peut-être une autre langue du Sud-Ouest… »
Lorsqu'on se targue de créer des marques, voire de les analyser, il me semble surprenant que l'on n'ait pas un minimum de bases en linguistique, voire en histoire-géographie, tout simplement. Je rappelle ici à Madame Bessis que l'occitan est la seule langue régionale parlée dans le Sud-Ouest, en dehors du basque. L'occitan étant parfois crédité de sous-ramifications (gascon, languedocien, provençal) qui n'offrent cependant que de légères différences de prononciation ou de vocabulaire autour d'une même structure grammaticale. Je ne vois donc pas quelle pourrait être cette mystérieuse « autre langue du Sud-Ouest ». Le klingon, peut-être ? Il est vrai qu'on aurait aperçu des coupes aux formes étranges dans les champs de céréales par chez nous. Surtout d'ailleurs dans les champs de céréales OGM ! Mais, trêve de digression, si cette approximation douteuse m'a fait lever un sourcil, la suite m'a carrément atterré : « Plus secondairement, on peut penser aux baies rouges ou éventuellement au blaireau, petit mammifère authentique, proche du castor. »
Là, je vous l'avoue, j'ai éclaté de rire ! Tout d'abord j'ai réfléchi un moment : pourquoi les baies rouges ? J'ai fini par me rendre à l'évidence : Bayrou, prononcé à la parisienne, ça donne « Bairou ». Désolé, Madame Bessis : la ville de Paris se prononce « Pari » et non pas « Parisse » et Bayrou se prononce « Baillerou » et non pas « Bairou » ! Vu que vous semblez être amatrice de mots-valises, avouez que ça change tout ! Un roux qui baille (sous l'effet d'un discours du candidat ?), c'est quand même moins vendeur qu'une « baie rouge ». Quand au blaireau, il m'a achevé. Moi quand je lis « blaireau », surtout venant d'une parisienne, plutôt qu'un animal sympathique j'imagine un pécore mal dégrossi, portant marcel et bob Ricard, chassant le dimanche et conduisant sa BX « tuning » avec de la boue plein les sabots. Et quand on pense à Bayrou dans ce registre là, on ne peut que sourire, même si je suis convaincu qu'en vérité, il ne mérite pas ça.
En résumé, Monsieur Bayrou, si j'ai un conseil à vous donner, c'est bien celui de ne jamais choisir l'agence Bessis comme conseil en communication,  ce serait suicidaire ! Quand à Madame Bessis, je dois bien le dire, cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un tel tissu de conneries. L'approximation, l'amateurisme, voire la totale fantaisie de vos allégations me poussent à me demander si vous étiez sérieuse en écrivant ce texte ? Je préfèrerais mille fois penser qu'il s'agissait en fait d'un texte parodique plutôt que de me dire qu'un de mes hebdos favoris fait appel à des chroniqueurs incompétents.

Stéphane Pocrain : du militantisme à la publicité
Nous vivons une époque cynique, et le parcours de Stéphane Pocrain en est une des illustrations. Successivement porte-parole du mouvement lycéen en 1990, porte-parole des Verts en 1998 après un passage à l'Unef-ID et Génération Écologie, Fondateur du Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran) Candidat Verts-PS malheureux dans la 5e circonscription de l'Essonne, chroniqueur télé au côté de Laurent Ruquier dans On a tout essayé sur France 2 et N'ayons pas peur des mots sur I-Télé et vaguement candidat pour les présidentielles, voici maintenant que l'ami Pocrain devient, à 35 ans, vice-président de l'agence de publicité Draft-FCB.
Nul doute qu'il saura s'inspirer de son parcours personnel pour expliquer à ses clients comment occuper en permanence le devant de la scène et se mettre sous le feu des projecteurs, même quand on n'a pas grand chose à raconter. Mais, je ne sais pas pourquoi, ce jeune homme si doué n'a jamais vraiment réussi à convaincre le public et l'électorat. Comme il est noir, notre brillante psychanalyste-conseil-en-communication Corinne Bessis (voir paragraphe précédent) dirait sûrement que c'est parce que sa « peau craint ». Je pense surtout que c'est parce qu'il est dévoré par l'ambition, ce qui le pousse à tous les opportunismes, et que cela se voit trop. Cependant, je ne me fais pas de souci pour lui. Si son expérience publicitaire échoue, aucun doute qu'il saura rebondir. À partir de là, les paris sont ouverts sur sa prochaine carrière-éclair : chanteur de R'n'B ? Écrivain ? Homme d'affaires ? Gourou ? En attendant, toujours d'après le Stratégie n°1444 du 15/2/07, il va se rendre utile en faisant un truc hyper indispensable pour sa nouvelle agence de pub : « réaliser un écobilan du fonctionnement de l'agence, avec notamment des audits externes sur les processus de recrutement réalisés avant l'été 2007. » Trop fort, Stéphane !

Et maintenant, les chouchous des medias
Il y a quelques mois dans un article intitulé « Pourquoi Ségolène Royal va gagner les élections présidentielles 2007 » j'expliquais, de façon un petit peu téméraire, je le reconnais, toutes les qualités de la « marque » Royal. Cet article reste à ce jour le plus lu dans ce blog (et je vous remercie au passage, amis lecteurs, pour vos e-mails, tout en regrettant que vous n'ayez pas souhaité rendre certains de vos commentaires publics). Aujourd'hui, presque à mi-campagne, je mesure la portée du risque pris lorsque l'on affirme ce genre de choses avec certitude. Et, alors que le bonnet d'âne me pend au nez, je voudrais désormais apporter quelques précisions complémentaires.
Les événements récents nous forcent à constater que la marque la mieux placée a priori peut se retrouver en difficulté du fait d'une campagne de communication hasardeuse. La marque concurrente était pourtant mal partie : ministre au bilan peu reluisant, prises de position atlantistes douteuses, patronyme évoquant davantage une maladie orpheline que la grandeur d'un pays, sans parler d'une allure physique manquant de « hauteur » ? Les handicaps de départ étaient lourds. Cependant, à force de sérieux, d'opiniâtreté, de travail et de professionnalisme, cette marque a réussi peu à peu à prendre le leadership en matière d'intentions de vote. Alors, que s'est il passé ?
N'en déplaise à Jean-Michel Apathie (Chroniqueur politique pour Canal+ et Metro), le dernier gros « coup » publicitaire de Ségolène Royal avant sa dégringolade dans les sondages, a eu lieu le jour de l'investiture du candidat de l'UMP. Alors que ce dernier réunissait 27 000 personnes à la Mutualité dans un show événementiel magnifiquement organisé, elle apparaissait au journal de 20 heures en pull et bottes en caoutchouc, dans une petite étable, un agneau dans les bras, visitant un éleveur de la France rurale. Pour Apathie (j'invite d'ailleurs la géniale Corinne Bessis à se pencher sur l'analyse de ce patronyme), Ségolène était à côté de la plaque. Mais moi, sur ce coup, je crie au génie (publicitaire, bien entendu). Face à une machine de guerre impeccable et implacable elle opposait une image à la simplicité biblique : la madone, l'agneau, la paix. Chapeau, Madame Royal, pour ce contrepoint, certes improvisé, mais parfait du point de vue sémiologique.
Seulement, les bonnes idées ne font pas tout et il arrive un moment où un peu de professionnalisme dans la démarche de communication est indispensable.

Le candidat de l'UMP, lui est visiblement très bien entouré. On le trouvait « anxiogène » : pas de problème, il se calme et le fait savoir (« J'ai changé »). On le trouvait trop à droite : pas de problème, il se met à aimer les SDF et à se réclamer de Jean Jaurès et Léon Blum. « La rupture tranquille » en froissait certains, qu'a cela ne tienne, on la transforme en un plus consensuel « Ensemble, tout devient possible ». De plus, aucun media ne critique ces zigzags idéologiques (certains les qualifieront d'ajustements), bien au contraire : tout le monde rivalise de zèle pour se faire son porte-parole. Nous avons donc ici affaire à un « candidat-marque » qui a suffisamment de souplesse et d'intelligence pour adapter son attitude et son discours à la demande, et suffisamment de sérieux dans le travail de relations presse pour arriver à diffuser son image dans les medias influents. Le ministre-candidat, sait parfaitement exploiter tous ses atouts : triple casquette, allégeance des grands médias, efficacité et soutien de son équipe, discipline de ses militants, pour occuper le devant de la scène à tout moment. Il attaque systématiquement l'adversaire de façon directe ou indirecte, la minimise voire la ridiculise sous n'importe quel prétexte, mais surtout, il soigne et impose son image par la répétition. Cela s'appelle de la communication politique réussie, et quand c'est bien fait, ça marche. La preuve : les sondages le donnent favori.

Je ne prends alors pas grand risque en affirmant aujourd'hui que la grande gagnante de cette campagne électorale est, d'ores et déjà, la communication, dans son ensemble. Je ne parle pas ici de la pub à la Jacques « Farce tranquille » Séguéla ou des petites formules à la Jean-Pierre « The yes needs the no » Raffarin, mais bel et bien d'une communication globale, technique et multiforme, présente sur tous les fronts de notre métier : événementiel, relations presse, media planning, concept créatif et internet. L'époque des hommes politiques qui se faisaient élire uniquement pour leur programme est désormais révolue. Le temps des publicitaires approximatifs masquant leur vacuité par des jets de paillettes est désormais compté.
Nous sommes, enfin, pour le meilleur et pour le pire, définitivement entrés dans l'ère de la toute-puissante communication, la vraie (imaginer ici une voix caverneuse à la Dark Vador, suivie d'un rire démoniaque avec beaucoup d'écho).
Que la force soit avec nous…
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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Lundi 4 décembre 2006
Tout d’abord je tiens à préciser que cet article n’est pas un texte de propagande et que je ne suis membre d’aucun parti. Je ne suis pas non plus astrologue, ni prophète.
Non, je me borne juste à démontrer ici pourquoi, sous l’angle de la communication, le produit “Ségolène Royal” est et restera leader sur son marché politique (au moins jusqu’aux élections).

1. “La rassurance”
Cet horrible néologisme de publicitaire a été créé pour répondre aux peurs grandissantes des français. En effet, nul n’est besoin d’avoir fait Saint-Cyr ou l’Ipsos-Academy pour constater tous les jours que la France a peur. De tout. De la mondialisation, de l’Europe, des OGM, des banlieues, des plombiers polonais, des virus aviaires, des vitesses élevées, du cancer du fumeur passif, de “l’insécurité”, des vieux, des jeunes, des riches, des pauvres, des cocos, des fachos, des corrompus, des vertueux. Bref, pour des raisons que je ne m’explique pas, les français, qui ont un niveau de vie et une espérance de vie parmi les plus élevés de la planète, ont PEUR.
En publicité, on a donc inventé le concept de rassurance. Un bon produit doit “rassurer”, alors, tout le monde “rassure” : les banques, les produits alimentaires, les automobiles, etc.
Et, quand on y réfléchit bien, quel est l’endroit du monde dans lequel on est le plus rassuré ? Comme nous le rappelle Gaz de France/Dolce Vita, à grand renfort de spots TV, c’est le ventre de notre maman. Doux, chaud confortable, aucun problème, aucun souci !
Or, Ségolène est une femme, ce qui, quoiqu’en disent certains, a une importance capitale dans le ressenti des consommateurs. C’est une femme ET une mère.
Et franchement, une maman peut-elle vraiment faire du mal à ses enfants ? En faisant abstraction des sinistres histoires de congélateurs, la moindre des mères ordinaire prend soin de ses enfants, les nourrit, les protège des agressions extérieures, leur assure une croissance et une éducation épanouissante. Elle leur donne aussi une petite fessée parfois, mais c’est pour leur bien. Que demande le peuple ?
Il faut bien le dire, la marque “Ségolène Royal”, ne serait-ce que parce qu’elle est femme et mère, et parfois un peu sévère, se pose en leader incontestable en terme de rassurance politique.

2. Le pouvoir de la marque
À force de l’appeler tout le temps “Ségolène”, voire même “Ségo”, on a carrément occulté son patronyme. Refoulé dans l’inconscient. Là, où, bien sûr, ce non-dit majeur aura le plus d’effet.
Eh oui, la dame s’appelle ROYAL. Franchement, une France peureuse, recroquevillée sur sa grandeur passée, ne garde-t-elle pas une certaine nostalgie de son passé ROYAL ?
Il faut dire que Saint Louis, Louis XI, Henri IV, Louis XIV, au moins ça, ça avait de la gueule !  Là, ils ramenaient moins leur fraise les américains, d’ailleurs ils existaient même pas. Les africains, n’en parlons pas, tous juste bon à faire des esclaves ou des bêtes d’attraction ! L’invasion sarrazine avait une solution toute trouvée : Charles Martel. Avec lui pas question de nous brûler les diligences au pied des châteaux. Non, c’est sûr, à l’époque, au moins, la France était un pays.
Forte de cette histoire inculquée par cœur depuis des siècles par des instituteurs consciencieux, la marque ROYAL s’est infiltrée lentement dans les esprits avec beaucoup plus d’efficacité que s’il s’était agi de la plus puissante des opérations de marketing direct.
J’entends d’ici mes contradicteurs s’écrier que le roi, bon sang, on lui a coupé la tête en 1789 et qu’on a bien fait... Allons, allons, soyons sérieux : les français ont toujours été royalistes et nous le savons bien… Sinon pourquoi Napoléon 1er, pur produit de la révolution française ? Pourquoi De Gaulle et la Ve république ? Pourquoi Mitterrand ?
Mais s’il ne s’agissait que des instituteurs ! Les américains, eux aussi font partie du complot. Par l’intermédiaire d’une grande enseigne de fast-food installée depuis près de 20 ans en France, ils habituent le public à consommer du ROYAL, et avec le sourire (Royal Cheese) ! Dans l’univers de la culture et du théâtre de rue, on l’associe à un privilège, voire même à un luxe (Royal Deluxe). Même nos amis à quatre pattes en sont fous (Royal Canin). Il y en a pour tous les goûts !
En résumé, ROYAL est une marque mémorisable et mémorisée, dont les connotations positives sont ancrées profondément dans l’inconscient des Français. Cela lui donne un avantage définitif sur la concurrence.

3. Le design
Ce n’est pas Philippe Starck qui me contredira, ni le succès grandissant d’une certaine enseigne suédoise, le design aujourd’hui, ça fait vendre.
Et il faut dire, qu’en terme de design, le produit ROYAL, n’est pas si mal loti. Attention : je ne vais pas ici me mettre à m’extasier sur le physique de Ségolène Royal comme tous ceux qui ne se sont jamais remis de l’avoir vue en maillot de bains en couverture de Voici. Faut quand même pas exagérer, nous avons quand même affaire à une dame de 53 ans qui a eu quelques enfants, ce n’est pas Adriana Karambeu ni Beyoncé, ok ? Autant dire que pour la double centrale de playboy, elle est hors compétition.
En revanche, si on la compare physiquement à tous ses concurrents, dans la course à la présidentielle, elle arrive, encore une fois, en tête. Elle sourit presque tout le temps, d’un sourire qui a l’air sincère. Son visage est harmonieux, son teint est clair et ne semble pas être affecté par les coups bas et les aléas de la campagne. Regardez-bien : pas de nouvelle ride, pas de nouveau cheveu blanc. De plus, elle semble s’être entourée d’un nouveau conseiller vestimentaire, ce qui, entre nous soit dit, n’était pas du luxe. Franchement, je me souviens des années Jospin, quand elle portait sa veste rouge, façon chasse à courre, avec carré Hermès et serre-tête, c’était consternant. Aujourd’hui, elle nous apparaît dans des petits tailleurs rose en soie sauvage, quasiment sur-mesure, qui fleurent bon l’élégance discrète de Jackie Kennedy.
Face à tant de bon goût et de sobriété, Fabius était coulé d’avance. Comment espérait-il rivaliser ne serait-ce qu’une seconde avec sa ridicule écharpe rouge et son chapeau mou… Tss, même pas en rêve. D’ailleurs j’arrête ici les comparaisons tant c’est inutile, je vous laisse les faire de vous même. J’ai dit objectivement.
Bon, Ok, on n’a jamais vu Besancenot en maillot de bain. Je lui laisse donc le bénéfice du doute.

Pour conclure cette démonstration, je dirais, au risque de déplaire à mes amis de droite (j’en ai) et fabiusiens (j’en ai aussi), et également au risque de déplaire à Alain Duhamel, que c’est pour toutes ces raisons que Ségolène ROYAL deviendra président de la république française en avril prochain.

PS : Si les choses ne se produisent pas comme je l’annonce, je m’engage solennellement à mettre en ligne sur ce blog une photo de moi avec un bonnet d’âne.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Politique-Citoyenneté
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