Communication et publicité

Mardi 28 novembre 2006
“La pub, ça fait toujours rêver…
Surtout les jeunes, les femmes et dans les milieux aisés”

C’est pas moi qui le dit c’est le journal Métro du 27/11/06 qui annonce ainsi la semaine de la pub.
Je cite : “Ces métiers font rêver, constate Isabelle Jacquot, DRH de TBWA France, même si le côté “paillettes” a disparu au profit d’une prise de conscience du rôle essentiel de la communication”. Pourtant, les professionnels du milieu remarquent une réelle méconnaissance des différents métiers, ce qui les oblige à organiser des forums ou des opérations telles que la Semaine de la publicité.”


Première constatation : la pub regroupe un certain nombre de métiers. Eh oui, désolé pour tous ceux qui pensaient que notre unique métier était : “valet du grand capital”.

Deuxième constatation : ces métiers sont méconnus. Et là je dois dire que j’en fais tous les jours l’expérience, ne serait-ce que par les candidatures ou demandes de stages que je reçois tous les jours par téléphone, mail ou courrier.
La première demande du candidats est généralement “un emploi”, “un stage”, “un contrat d’apprentissage”, un “contrat de professionnalisation”, un “CDD”, un “CDI”... Ce n’est que lorsqu’on lui pose la question, parfois en la reformulant plusieurs fois, qu’ils nous parlent d’un métier. Et encore, de façon bien floue : telle étudiante en IUT information-communication voudrait devenir “Directeur artistique” ou “Directeur de la photographie” (sic), tel étudiant en DESS de communication recherche un poste de “chargé de communication en agence” (re-sic), tel stagiaire PAO en formation professionnelle voudrait devenir “Directeur Artistique” (encore ? c’est une manie !) après avoir passé 1 mois à manipuler Photoshop…

Bref, il règne bien trop souvent une confusion totale et incompréhensible dans la tête des étudiants vis à vis de nos métiers. Bien sûr, une des solutions consiste à prendre ces étudiants en stage afin qu’ils découvrent par eux-même les métiers de notre filière. Je déplore toutefois qu’ils n’en aient pas été informés plus tôt, par leurs enseignants.

C’est ici que je vous livre l’idée du jour :
Et si on envoyait les profs en stage, tous les 2 ou 3 ans, pour qu'ils observent l’évolution des métiers qu’ils enseignent ?

Non, je déconne. Pire : je rêve.
Normal, je bosse dans la pub.
Et comme le dit Métro : “La pub, ça fait toujours rêver”.
Par Emmanuel Quéritet
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Mercredi 29 novembre 2006
Apparemment, le sujet vous plaît (merci Laurent pour ton commentaire sur l'article précédent, qui en éclairera plus d'un), j'ouvre donc ici une série des "petits métiers".
Depuis quelques jours, dans la cour Henri IV, à l'intérieur de la Mairie de Toulouse une exposition traitant du site de Montaudran (ancienne piste de décollage de l'Aéropostale) est en train d'être montée. Elle a été conçue par Emmanuelle Sapet, scénographe de la Mairie de Toulouse, mise en image par Artmony (voir lien sur notre site depuis cette page), mais cela ne suffit pas pour la faire exister.

Pour qu'une expo existe, il faut aussi des femmes et des hommes qui, parfois jusqu'à tard le soir, montent sur des échelles, scient des planches, plantent des clous, branchent des câbles.
Je rends ici hommage aux standistes de la société Créations, encore à l'œuvre hier soir pour matérialiser les idées de la scénographe et des graphistes, ce qui n'est pas toujours chose aisée.


Par Emmanuel Quéritet
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Lundi 15 janvier 2007
Tiens, puisque j’en parle sur le post précédent, autant faire le point sur cette profession mystérieuse qui hante les cv depuis la fin des années 80 : l’infographiste.
Quand on cherche dans le Larousse il n’y a rien entre les mots influx et in-folio, terme qui, au passage a quand même une lointaine relation, bien involontaire, avec notre sujet (In-folio : adj . inv. Et n.m. inv. Se dit du format déterminé par le pliage d’une feuille d’impression en 2 feuillets, soit 4 pages ; livre de ce format). Excédé par ce vide dont, tout comme la nature, j’ai horreur, je vais donc tenter de le combler.

Avant, tout était simple, c’était le paradis
La pub ne s’appelait pas encore la com, le directeur de création produisait des concepts, le directeur artistique imaginait des jolis visuels, le graphiste concepteur dessinait et le graphiste exécutant découpait, collait et coloriait. On montrait au client des « roughs », dessins au feutres à partir desquels il devait plus ou moins s’imaginer que là, il y aurait un top model et là, son super yaourt. Le truc écrit à la main en haut c’était l’accroche et le rectangle jaune en bas avec écrit bolo bolo bolo bolo bolo, c’était la body-copy. Le truc moche découpé en bas à droite figurait le packshot et le gribouillis son logo. On lui expliquait, avec beaucoup de conviction, que le texte serait écrit en garamond corps 12 et que l’accroche serait composée en Univers corps 48. Le client opinait du chef, tout le monde se serrait la main et on envoyait une équipe de 4 personnes pendant 8 jours en Martinique pour faire UNE photo représentant un mannequin en maillot de bains sur la plage en train de manger le fameux yaourt.
Nous étions en 1985 et le D.A. qui revenait de Martinique tout bronzé avec la photo en question dans ses bagages ignorait qu’il vivait ses derniers instants de bonheur…

Puis, deux inconscients ont croqué la pomme !
Le monde de la création informatique en était à ses balbutiements. Certains d’entre-vous se souviennent peut-être de l’Atari, doué pour la musique, de l’Amiga (de chez Commodore), extraordinaire pour le graphisme 2D et 3D et de son système d’exploitation Amiga Dos à l’interface on ne peut plus conviviale. À l’époque, le PC était une machine ridicule où le MS DOS affichait des caractères verts sur fond noir, façon Matrix. Cette donne allait être bouleversée par l’arrivée du petit nouveau issu de l’imagination géniale de Steve Wozniack et Steve Jobs, fondateurs de la firme Apple : le Macintosh.
Le premier modèle, sans disque dur, avec 128ko de RAM (c'est lui->) avait une puissance insignifiante comparée aux Mac Pro d’aujourd’hui. Autant comparer un Vélosolex à l'Airbus A380. Cependant, on pouvait déjà s’amuser à dessiner avec un les logiciels SuperPaint et MacDraw (tout en bitmap, bien pixellisé) et écrire ses mémoires avec le fameux MacWrite. Ah ! La douce poésie baveuse de la police « Chicago » !
En 1988, la firme Adobe développait le langage postscript, le dessin vectoriel, de son côté le logiciel Page Maker permettait de faire des vraies mise en pages, tout cela annonçait le déclin de la planche de Letraset et du feutre Pantone.

Place aux nouveaux métiers, dont celui d’infographiste.
Dès le début des années 90, avec l’arrivée de Quark Xpress et de Photoshop, la Publication Assistée par Ordinateur était en ordre de bataille pour révolutionner l’ensemble de la chaîne graphique. À cette époque-là, il suffisait de s’acheter un micro-ordinateur équipé de quelques logiciels pour s’auto-proclamer « Infographiste ». Le marché se trouva alors inondé d’individus qui, sans aucune compétence ni en typographie, ni en dessin, ni en quelconque autre matière des Arts appliqués se mettaient à offrir leurs services pour mettre en forme des documents de communication visuelle. Ce règne de la bidouille a duré toute la décennie, et se vit même amplifié par la bulle internet.

Mais alors, un infographiste, c’est quoi au juste ?
Il n’existe aucune définition véritablement professionnelle du terme.
À la base, les gens qui ont créé ce néologisme voulaient certainement dire « graphiste qui utilise un ordinateur ». Ce qui est totalement inutile. Appelle-t-on un « infocomptable » un comptable qui utilise un ordinateur ? Appelle-t-on une « infosecrétaire » une secrétaire qui utilise un PC avec des logiciels de bureautique ? Non, toi le petit malin au fond à gauche, nymphosecrétaire, ça n'a rien à voir ;-)
Allez savoir pourquoi, dans notre métier, on s’est senti obligé de mettre en avant l’outil plutôt que le métier…Peut-être parce que ceux qui s’étaient lancés dans cette activité après avoir acheté un ordinateur et suivi un stage d’initiation de 2 mois aux logiciels de PAO avaient conscience de leurs lacunes et ne s’assumaient pas réellement en tant que graphistes ?

Mes définitions du terme « Infographiste »
À l’heure actuelle, je tolère l’utilisation du terme dans trois cas de figure très précis :

L’infographiste de Presse
En gros, c’est un illustrateur plutôt technique qui passe beaucoup de temps à combiner plusieurs types de logiciels pour faire des schémas explicatifs dans la presse. Je reste parfois admiratif et fasciné par des éclatés de coques de paquebots faisant apparaître salle des machines, cuisines, cabines dans leurs moindres détails. Dans ce cas, infographie est un condensé de « graphisme » et d’ « information ».

L’infographiste 3D
Expert en logiciels 3D, ce personnage hybride, mi-illustrateur mi-mathématicien, est suffisamment intelligent pour maîtriser des chaînes de logiciels complexes (modelling, rendering, animation) et a suffisamment de talent pour rendre ça très beau. Il paraît que les studios hollywoodiens sont farcis d’infographistes 3D français à qui l’on doit certaines des meilleures images de synthèse de Star Wars, Jurasssic Park ou King Kong.

L’infographiste web (ou web-designer, terme que je préfère car plus précis)
Il travaille souvent, comme ses collègues 3D, main dans la main avec les informaticiens pour créer des sites web. Ceci implique qu’il connaisse leur langage et soit capable de créer des interfaces de navigation esthétiques et fonctionnelles, parfois ludiques, mais toujours ergonomiques.

Ces métiers sont maintenant abordés dans les filères d'Arts appliqués les plus sérieuses.

Pour tout le reste, et surtout en ce qui concerne le design, l'illustration, la création, la communication visuelle et l’édition, plutôt qu’INFOGRAPHISTE, je préfère, de loin, UN VRAI GRAPHISTE !
Par Emmanuel Quéritet
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Lundi 26 mars 2007
Je sais, c’est pas bien de cafter, mais c’est Claude Évin qui a commencé, avec sa loi n°91-32 du 10 janvier 1991 imposant de préciser que « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » sur toutes les publicités relatives aux boissons alcoolisées. Sans le savoir, il avait ouvert la boîte de Pandore en créant un précédent dont s’inspirent largement ses successeurs.

Nous avons donc vu fleurir sur nos publicités, au fil des années, les messages suivants :

Directive Européenne sur la vente de tabac :
Sur la face «la plus visible» de l’emballage doit figurer l'une des deux phrases «Fumer tue» ou «Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage».
Sur l'autre côté doit figurer, en roulement, l'un des messages suivants :
      - Les fumeurs meurent prématurément.
      - Fumer bouche les artères et provoque des crises cardiaques et des attaques cérébrales.
      - Fumer provoque le cancer mortel du poumon.
      - Fumer pendant la grossesse nuit à la santé de votre enfant.
      - Protégez les enfants : ne leur faites pas respirer votre fumée.
      - Votre médecin ou votre pharmacien peuvent vous aider à arrêter de fumer.
      - Fumer crée une forte dépendance, ne commencez pas.
      - Arrêter de fumer réduit les risques de maladies cardiaques et pulmonaires mortelles.
      - Fumer peut entraîner une mort lente et douloureuse.
      - Faites-vous aider pour arrêter de fumer, téléphonez au 0825 309 310 (0,15 euros/min).
      - Fumer peut diminuer l'afflux sanguin et provoque l'impuissance.
      - Fumer provoque un vieillissement de la peau.
      - Fumer peut nuire aux spermatozoïdes et réduit la fertilité.
      - La fumée contient du benzène, des nitrosamines, du formaldéhyde et du cyanure d'hydrogène.

À propos de la consommation d’alcool par les femmes enceintes :
Un amendement parlementaire, adopté le 19 octobre 2004 vise à faire figurer, sur toutes les unités de conditionnement des boissons alcoolisées, un message sanitaire à l'attention des femmes enceintes.
« La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant » ce message peut être assorti d’un pictogramme.
Grossesse et alcool : tolérance zéro...

À propos de la problématique environnement et énergie :
Le Ministère de l’économie, des finances et de l’Industrie produit un arrêté du 28 novembre 2006 relatif à la publicité dans le domaine de l’énergie
Art. 1er. Toute publicité effectuée par ou pour une entreprise désignée à l’article 1er du décret du 28 novembre 2006 susvisé doit faire la promotion d’une utilisation rationnelle de l’énergie et inciter à des économies d’énergie.
Art. 2. Le message prévu à l’article 2 du décret du 28 novembre 2006 susvisé est : « L’énergie est notre avenir, économisons-la ! » Il doit être lisible, audible ou intelligible. Pour les services de télévision, il est sonore ou visuel.

Et, pour finir, les petits nouveaux sur les publicités alimentaires      
Depuis le 28 février 2007, un décret d’application et un arrêté de la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004 (article 29) imposent aux annonceurs de certains produits alimentaires d’introduire les messages sanitaires suivants dans leurs publicités et outils d’information (par exemple, les brochures de la grande distribution) :
    - Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour     
    - Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière
    - Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé
    - Pour votre santé, évitez de grignoter entre les repas
Sont concernés par cette mesure les boissons pour lesquelles il y a ajout de sucre, de sel ou d’édulcorants et les aliments manufacturés*.
Chaque annonce publicitaire devra comporter alternativement les 4 messages et ce pour chaque type de support (TV, radio, affichage, presse, cinéma, Internet, brochures…). Il n’y a pas de lien entre le type de produit promu et les messages.
* Les boissons et aliments exclus de cette mesure sont :
- le thé, le café, les tisanes, la chicorée, les jus de fruits et le lait (si ces produits sont sans ajout de sel, sucre ou d’édulcorant de synthèse) ;
- les produits bruts tels les fruits et légumes, œufs, épices et aromates ;
- les produits justes découpés ou hachés (viande fraîche ou poisson), congelés ou surgelés et/ou mis en conserve sans aucun ajout hormis de l’eau.



Pour les créatifs, ces messages sanitaires sont un vrai casse-tête. Cela revient, en gros à dire : « Achetez ce produit, mais ne l’achetez pas ! » Totalement contre-productif, comme attitude, autant que perturbant pour le consommateur. J’ai récemment vu une publicité pour des pâtes fraîches qui se terminaient par un des messages sanitaires, les logeant ainsi à la même enseigne que des produits réellement nocifs.

Plus généralement, on est en droit de se demander si cela n’est pas significatif d’un manque de courage du législateur. Si ces produits sont tellements nocifs, pourquoi ne pas, tout simplement les interdire ? Que je sache, la vente d’armes à feu et de munitions est sévèrement règlementée dans notre pays, mais il est possible de la promouvoir à l’intérieur de ce cadre dans des revues ou des lieux spécialisés. Et je n’ai jamais vu de messages sanitaires du style :« Tirer sur son voisin, c’est pas bon pour sa santé ».

Un peu à la manière des anti-pub, voici que nos politiques considèrent que, si nos enfants sont obèses, c’est la faute de la pub pour le Coca-Cola. Ou encore, que si l’oncle Paulo est alcoolo, c’est la faute à la pub pour le J&B. Encore et toujours la faute des publicitaires qui n’ont d’autres buts que de pourrir notre si belle société.

Le "message sanitaire" s'avère de toute évidence un outil idéal et peu coûteux pour résoudre les grands problèmes de santé ou de société. De plus cela permet au législateur qui l'a imaginé de se donner bonne conscience.

Les messages de demain et notre grand concours !
En conséquence, je prévois que, dans les temps qui viennent, nos décideurs vont continuer à résoudre avec audace les problèmes de fond par de nouveaux décrets. Nous pourrions donc, en toute bonne logique, voir apparaître des messages sanitaires dans le genre des suivants :

Pour les opérateurs téléphoniques :
    - Utiliser un téléphone portable donne le cancer du cerveau
    - Mettre son téléphone mobile dans sa poche de pantalon rend impuissant

Pour les fabricants de grosses cylindrées
    - Rouler en 4x4 contribue au réchauffement climatique
    - Utiliser un véhicule particulier à essence contribue à dilapider une énergie non renouvelable

Avant les matchs de football à la télé :
    - Imiter le comportement de certains joueurs peut conduire à l’incivilité (spectacle interdit aux moins de 18 ans)
    - Imiter le comportement de certains supporters peut conduire en prison (ou à la morgue)

Et caetera, et caetera.

Du coup, je lance un grand concours sur ce blog :
imaginez vous-même les messages sanitaires de demain. Postez-les dans les commentaires. Soyez drôles et réalistes : il n’y a rien à gagner, c’est juste histoire de rigoler un coup !



Par Emmanuel Quéritet
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Samedi 28 avril 2007

Economisons l'eau !
Vidéo envoyée par queritet
Voici maintenant trois ans que l'APACOM (Association des professionnels Aquitains de la communication) mène des actions concrètes pour impliquer les métiers de la communication dans une logique de développement durable. Le 3 avril dernier, pendant la semaine du développement durable un colloque a permis aux professionnels bordelais de faire un point sur l'avancée de cette démarche. Plus récemment, à Toulouse, le Club de la Communication a emboîté le pas en proposant une demi journée de réflexion intitulée « Vers une communication éco-responsable ».

Ce 19 avril, au centre de congrès Diagora, à Labège, c'est Frank Chatelain, responsable communication de l'Ademe Midi-Pyrénées qui a ouvert le bal avec un rappel des enjeux environnementaux actuels. Son intervention avait des allures de « vérité qui dérange », en pire ! En effet, là où Al Gore, dans son excellent documentaire - que je vous invite tous à visionner si ce n'est déjà fait - se limitait à la problématique du réchauffement climatique, M. Chatelain a abordé l'ensemble des problèmes environnementaux. Le réchauffement climatique, bien-sûr, son origine indéniablement humaine, ses conséquences dramatiques pour l'humanité, mais aussi l'inexorable dégradation des ressources : surpêche, déforestation, surconsommation énergétique sont entrain de transformer notre planète en désert et en enfer... Et c'est pour bientôt : une cinquantaine d'années, voire moins. Autant vous dire que si personne ne réagit, les plus jeunes d'entre nous ont un avenir bien sombre.

Le développement durable est une façon d'être et d'agir respectueuse de l'Homme et de son environnement. La clé de l'action : « penser global, agir local ».
Partant du principe que nous pouvons tous, chacun à notre échelle poser des actes pour limiter notre impact négatif sur l'environnement et la société, les professionnels de la communication ont tout d'abord fait le constat que leur activité engendrait plusieurs impacts sur l'environnement :
- consommation d'énergie
- consommation de papier
- utilisation de produits dangereux (imprimerie)
- production de déchets : papier, matériel électronique obsolète, etc.
- transports : livraisons, trajets, etc.

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Vidéo envoyée par queritet

Les démarches éco-communication
Le moment est maintenant venu de mettre en cohérence les activités avec les discours et les engagements et d'adopter un comportement vertueux aussi bien dans le fonctionnement quotidien des entreprises de communication que dans les préconisations faites aux clients.
Les méthodes de nos métiers sont en train d?évoluer afin de penser « éco-conception » ou « achat responsable » à toutes les étapes délaboration d?un projet.

Les imprimeurs, par exemple sont en train de créer le label « Imprim'vert », au niveau national.
Il s'agit de recycler systématiquement les produits dangereux, d?appliquer des précuations dans le stockage des produits toxiques, en attendant de trouver un substitut à leur utilisation. L'objectif étant, à terme de ne plus utiliser de produits dangereux,, cancérigènes ou toxiques.
Un questionnement est également en cours sur les approvisionnement en papier. On sait qu'environ 20% du papier utilisé en imprimerie est d'origine douteuse ou non contrôlée (forêts primaires...). On s'interroge également sur l'optimisation des transports, de façon à réduire les allées et venues de poids-lours. Par exemple, les camions qui apportent du papier, pourraient repartir avec des documents imprimés à livrer, de façon à optimiser leur aller-retour.
Tout cela n'est encore qu'à l'étude, mais on le voit, c'est une industrie entière qui a choisi de se donner les moyens d'évoluer.
En Haute-Garonne comme sur l'ensemble du territoire français, 10% des imprimeurs sont aujourd'hui impliqués dans cette démarche, ce qui est largement insuffisant, mais constitue toutefois un bon début.

Dans les métiers de l'événementiel la démarche éco responsable fait aussi des émules.
Certains traiteurs sont, par exemple fortement engagés dans l'agriculture responsable. Ils essaient detravailler avec des produits de saison, acheté auprès de fournisseurs locaux, de façon à limiter les transports. Le bio a le vent en poupe, et pas seulement pour la frime...
L'Anaé (association nationale des agences d'événementiel) a créé le site www.eco-evenement.org afin de mieux communiquer : améliorer le cycle de façon à être moins impactant sur l?environnement. Cette association, nous a expliqué M. Blanc-Shapira de l'agence Sensation cherche à établir un véritable carnet de route vers un éco-événement, avec humilité et ambition.
Trois raisons majeures poussent les professionnels dans cette démarche :
- l'éthique
- le business, car pratiquer une économie vertueuse donne un avantage concurrentiel
- et la réglementation qui évolue, donc autant la devancer avant d?être contraint à évoluer.

L'APACOM a édité un guide « Com'avenir » téléchargeable sur le site de l'Apacom et de l'Ademe. Très dynamique sur le sujet, cette association a également mis en place, en partenariat avec l'Ademe, une formation à l'éco-communication.
Cette formation dont ont déjà bénéficié plusieurs agences en Aquitaine permet, notamment de mieux dialoguer avec des acheteurs éco-responsable et de mettre en pratique au maximum des comportements vertueux.
L'agence Calli Atlantique, notamment, nous a présenté un certain nombre d'actions : factures envoyées par e-mail, signature électronique, organisation de l'entreprise autour de pratiques vertueuses (économies d'énergie, recyclage, compensation carbone), conseil des clients dans le sens d'une logique « durable ».
Il s'agit, vous l'avez compris, aussi bien pour les agences que pour leurs clients de dépasser le stade du « Green Washing » (utilisation abusive de l'argument écologique pour vendre), pour entrer dans une phase d?action réelle.

En ces temps électoraux, beaucoup s'imaginent peut-être que les solutions doivent venir de l'État. Quand j'entends les deux candidats encore en lice émailler leur discours de « croissance », de « pouvoir d'achat », de « consommation », je me dis qu'ils sont loin du compte et que, même s'ils ont signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, ils ne doivent pas vraiment l'avoir lu avec attention. Il me paraît clair que c'est à chacun de nous, citoyens, d'agir dans la mesure de nos possibilités.
Il est réconfortant de constater que, passés les premiers constats alarmistes, certains d'entre nous font déjà leurs premiers pas pour défricher et ouvrir la voie. Les comportements de demain s'inventent aujourd'hui, alors, retroussons nos manches !!!

Crédits : Les deux clips qui illustrent cet article viennent du site des Petits Débrouillards.
Par Emmanuel Quéritet
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Mercredi 7 janvier 2009

Il a été difficile d’échapper à la campagne massive de la marque de foie gras Montfort pendant la période des fêtes. Sur le bord de nos routes, l’affiche reproduite ci-dessus affirmait la signature de la marque : « Montfort, c’est mon faible ». Sur nos écran de télé, dans des spots de 10 secondes, Thierry Lhermitte (excusez du peu)  assis dans une salle à manger, devant une cheminée moyenageuse est tellement absorbé par la dégustation de sa tartine, qu’il en oublie de dire le texte de la pub.


Par cette offensive, la marque Montfort, originaire des Pyrénées Atlantiques (64) se positionne très clairement vis à vis de ses principaux concurrents, Labeyrie et Delpeyrat, entre autres. Son axe est assez lisible : Sud-Ouest et authenticité. Par le biais d’un registre graphique « médiévalisant », les créatifs nous expriment en première lecture l’idée d’un produit issu d’un savoir-faire authentique et noble qui fleure bon l’histoire, la tradition et le terroir, normal pour un produit haut de gamme. Un exercice qui si l’on y prête pas attention pourrait sembler assez réussi. Seulement, dans ce tableau idyllique s’est glissée une erreur de taille : le choix du nom Montfort comme marque ! Comme quoi, de la campagne de publicité à la croisade de communication, le pas peut vite être franchi, même involontairement.

Ruine du chateau de Villerouge-la-Crémade (source : chateau.over-blog.net)

Ami lecteur, si tu viens du Nord de la Loire, tu dois te demander où je veux en venir. Pour les autres et notamment ceux qui ont quelques racines occitanes, je pense que ça commence à devenir clair.
Quand j’étais petit, je passais parfois des vacances chez ma grand-mère, à Ferrals-Les-Corbières, dans l’Aude. À quelques minutes du village en vélo, en prenant la route bordée de vignes et de garrigue qui file en direction de la Méditerrannée, se trouve la petite bourgade de Villerouge la Crémade (la « brûlée », en occitan). Parfois, j’escaladais le petit tumulus qui surplombe les toits de tuiles, m’écorchant les mollets dans les ronces et je grimpais jusqu’à l’improbable vestige du château. Un pan de mur, une fenêtre, c’est tout ce qu’il reste de ce qui fut un jour un endroit plein de vie où les femmes nobles écoutaient le chant des troubadours. Assis sur le rebord de cette fenêtre, devant ce paysage splendide à la lumière unique, j’ai souvent écouté le vent me raconter les histoires qui flottent dans l’air de cette région entre mer et montagne.

Les sinistres paroles prononcées par Arnaud Amaury, légat du pape en 1209 lors de la prise de Béziers par les croisés résonnent encore à travers les vieilles pierres : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ». À cette époque, Simon de Montfort, chef militaire des croisés, ne s’était pas fait prier pour passer plus de 5000 habitants de la ville par le fil de l’épée. Hommes, femmes, enfants, vieillards furent victime de cette grande boucherie. Il faut dire que cela l’arrangeait bien, à lui, petit nobliau déshérité du Nord de la France d’utiliser le prétexte de cette croisade pour agrandir ses terres. C’est ainsi qu’il s’arrogea les fiefs de Raimond-Roger de Trencavel, envoyant ce dernier pourrir jusqu’à la mort dans les oubliettes de la Cité de Carcassonne. La « crémade », brûlée vive comme de nombreux cathares ou sympathisants, dits « hérétiques », dont Simon de Montfort alluma lui-même les bûchers. On raconte, qu’après la prise de Bram, dans l’Aude, il fit crever les yeux de tous les défenseurs de la ville, laissant seulement un œil à l’un d’entre eux pour qu’il puisse guider les autres. À Lavaur, dans le Tarn, il captura Dame Guiraude de Laurac par traîtrise, sous prétexte d’une négociation sur la reddition de la ville, et la conduisit au bûcher comme hérétique alors qu’elle était simplement venue parlementer. Dans la foulée, il fit égorger Amaury de Montréal et ses soldats.

Debout sur les ruines chargées de mémoire, je m’imaginais deviner au loin les silhouettes des citadelles du vertiges : Peyrepertuse, le vaisseau de pierre, Quéribus, le dernier refuge des parfaits, Montségur et la belle Esclarmonde qui préféra s’immoler elle-même entourée de ses proches, plutôt que d’abjurer sa foi. Tendant l’oreille, j’entendais presque le fracas des armures de la bataille de Muret, en 1213, pendant laquelle Simon de Montfort et ses soldats volèrent la vie de Pierre d’Aragon sur le premier assaut…
  Bûcher d'un hérétique
(croquis au coin d'un parchemin, source : Archives Municipales de la Ville de Toulouse)


Je n’étais qu’un enfant et, en entendant les vieux raconter ces légendes du passé, je me demandais ce qui pouvait justifier tant de haine, de violence, d’injustices, de cruauté ? À l’heure où mes camarades, craignaient le loup, les boches ou le croque-mitaine, je tremblais en pensant à Simon de Montfort… Et je l’avoue, encore aujourd’hui, chaque fois que je passe devant la plaque, près du jardin des plantes à Toulouse, qui rappelle l’endroit où il est mort au combat après avoir reçu une pierre de catapulte en pleine tête, j’ai honte, mais je me dis que c’est bien fait pour lui.

Je sais bien qu’aujourd’hui, en communication, la rigueur historique n’a plus aucune importance et qu'on se permet de tout amalgamer sans complexe, à l'instar de politiciens de droite qui prétendent s’inspirer de jeunes résistants communistes ou de Jean Jaurès. Mais, franchement, qu’est-ce que ça vous ferait si on rebaptisait le stade Ernest Wallon : "Stade Max Guazzini", ou si un traiteur Cambodgien lançait une ligne de plats cuisinés de marque "Pol-Pot", pour faire couleur locale ? Et que dire de la vodka "Radko Mladic", celle qui épure l'intestin. Encore mieux : la cocotte minute "Guantanamo" : de la chaleur, de la pression, c'est cuit, vos invités avouent qu'ils sont ravis ! Quelle rigolade, hé hé hé :-))

Quoi, mes plaisanteries sont de mauvais goût ?

Je trouve que celle du créatif qui a pondu la marque Montfort l’est aussi.
Par Emmanuel Quéritet
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Mercredi 28 janvier 2009

Voilà quelques années que je n’ai plus de télé. Mais non, je ne suis pas réfractaire à la modernité, la preuve : j’ai internet. D’ailleurs, c’est à la faveur d’un arrêt pipi sur une aire des autoroutes mondiaux de l’information que je suis tombée sur la dernière pub Actimel. Voui, la petite bouteille pleine de potion magique, qu’on se lève tous pour avaler au petit déj’.

L’individu sans-télé que je suis en était resté à la version 2002 du spot, où un enfant laisse tomber son gâteau dans le bac à sable, avant de le remettre illico dans sa bouche. Là, au lieu de lui balancer une gifle, sa mère, aux anges, s’extasie à peu près en ces termes « no problemo, grâce à Actimel, il a des défenses immunitaires en béton ». Manque de pot, à l’époque, ça ne fait pas rire l’association de consommateurs CLCV (Confédération du Logement et du Cadre de Vie) qui menace de porter plainte. Il est vrai que les preuves de Danone sur l’efficacité d’Actimel face au staphylocoque doré qui guette dans les bacs à sable, déguisé en déjection canine, sont un peu légères. Et Danone de retirer immédiatement son spot TV, pour le remplacer par d’autres, je vous rassure.





Depuis, du yaourt a coulé sous les ponts. Danone a affûté ses arguments scientifiques, tout en continuant à matraquer la mère de famille, les enfants et aujourd’hui les vieux de sa communication. Car c’est bien les vieux qui sont la cible du dernier spot que j’ai découvert récemment sur la toile. Qu’y voit-on ? Une voix off demande à plusieurs quidams quel fortifiant ils prennent pour bien passer l’hiver. Là, une jeune femme achète des oranges au marché, affirmant qu’elle fait le plein de vitamines ; ici, un jeune homme déclare prendre un fortifiant aux plantes. Jusque là tout va bien. Mais ensuite, c’est le monde à l’envers : une mamie confesse ne pas savoir quoi prendre comme fortifiant. Quoi ? Mais les mamies, ça sait ce genre de trucs d’habitude, non ?  Je me souviens, la mienne, elle connaissait les astuces anti-toux, les plantes qui font du bien, bref les remèdes de grand-mère, quoi. Mais celle de la pub Actimel, elle sait pas. Comme atteinte d’Alzheimer. Alors qu’il lui suffirait de se repasser le début du spot pour se rappeler que manger des oranges en hiver, ça aide. Mais non, elle secoue la tête, rien. C’est là que sa petite fille lui révèle qu’Actimel, ça agit « comme un fortifiant des défenses naturelles ». Et la mère de l’enfant qui confirme.

Voyage au cœur de la fiole magique
Et alors, me direz-vous, où est le problème ? Le problème c’est que j’ai la désagréable impression d’être prise pour une idiote. Déjà, la présence en bas de l’écran du bandeau « pour votre santé, pratiquez une activité régulière » glisse un terrible doute dans mon esprit. Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette mention hypocrite n’apparaît que dans les pubs qui vantent des aliments très sucrés, très gras ou très salés… Alors je fais un tour sur le site de Danone pour essayer de comprendre. J’y apprends que ce qui permet à la multinationale de positionner sa petite fiole en défenseur du système immunitaire s’appelle le Lactobacillus Casei DN-114 001, rebaptisé par le marketing « L-Casei Defensis », surnom aux connotations latines donc sérieuses. Il s’agit d’un ferment lactique, ces gentilles bactéries qui permettent la transformation du lait en yaourt. Mais contrairement aux ferments classiques, celui-ci, breveté par Danone, serait un probiotique, soit un micro-organisme capable d’arriver vivant dans l’intestin (donc de survivre aux sucs digestifs), avec une action bénéfique sur la santé s’il est présent en concentration suffisante. Je vous passe les références aux diverses études scientifiques citées sur le site, réalisées avec des laboratoires renommés, pour corroborer ces affirmations.

Même si j’ai mon opinion sur les soi-disant bienfaits des produits laitiers, n’étant ni biologiste, ni médecin, je m’en tiendrai à l’avis de l’AFSSA, l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments, rendu en janvier 2004. Là, je dois confesser une certaine admiration pour Danone. On peut dire que ces gars là savent positiver et voir la bouteille d’Actimel à moitié pleine, comme on dit chez eux. Car, sur les 10 allégations santé d’Actimel soumises à examen, 9 sont retoquées par l’Agence (voir l’avis complet ICI). Exit le renforcement de la barrière intestinale, la régulation du système immunitaire et autre lutte contre les agressions du quotidien. Seule la mention «participe à renforcer les défenses naturelles de l'organisme» est validée par l’AFSSA. Qui précise par ailleurs que les doses préconisées dans la communication de Danone (1 bouteille par jour) ne sont pas comparables à celles ingurgitées par les cobayes des études présentées (2 à 5 par jour). Camouflet pour Danone ? Pas du tout : sur le site de Danone, l’avis de l’AFSSA est présenté comme une des 5 preuves scientifiques des bienfaits d’Actimel sur la santé ! Passons. Mais à part le L-Casei machin, que trouve-t-on dans la petite bouteille ?  C’est là que ça se gâte, car les 94 ml d’Actimel contiennent 10,5 g de glucides, soit l’équivalent de 2 sucres (autant que dans 100 ml de Coca). On trouve aussi 2,8 g de protéines et 1,6 g de lipides, contre respectivement 3,9 g et  1 g dans un yaourt nature. Bilan, pour un prix très nettement supérieur à un yaourt normal, vous vous retrouvez avec moins de protéines et beaucoup plus de sucre et de gras. Évidemment, « aide à augmenter votre indice glycémique et les réserves de graisse de votre organisme », ça le fait moins comme slogan… On s’étonne moins du coup que les consommateurs américains aient engagé une « class action » contre Danone en janvier 2008 pour publicité mensongère sur Activia et Danactive (le nom américain d’Actimel). Alors, bon pour la santé, Actimel ? Pour la santé de Danone, oui certainement. La petite bouteille du leader mondial des produits laitiers frais lui a rapporté plus d’un milliard d’euros en 2007.


« Que ton aliment soit ton seul médicament »
… plaidait, 400 ans avant J-C, Hippocrate, père de la médecine moderne. Le pauvre ne soupçonnait pas à quel point, 2000 ans plus tard, des industries agro-alimentaires, à court de marchés, récupéreraient le principe pour créer ces soi-disant aliments-médicaments, ou « alicaments » selon le néologisme consacré. C’est vrai qu’au vu des doses d’antibiotiques dont on bourre les pauvres vaches laitières, il n’est sans doute pas faux d’affirmer qu’Actimel - et tous les produits laitiers - contiennent des médicaments… Trêve d’ironie, vous voulez renforcer vos défenses naturelles ? Bougez, respirez, rigolez, c’est gratuit et très bon pour le système immunitaire. Mais surtout, n’avalez pas n’importe quoi…


À propos de l’auteure :
Diplômée de l’École H.E.C., Laure Quéritet a occupé pendant plus de 10 ans des postes à responsabilité dans le domaine du marketing et de la stratégie pour le compte d’un grand groupe de télécommunications. Formée par la suite à la kinésiologie et à l'adaptogénèse, elle est aujourd'hui kinésiologue spécialisée à Paris. Parallèlement, elle écrit des articles sur des sujets touchant à l’environnement, les énergies renouvelables et l’écologie au sens large.

Par Laure Quéritet
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Vendredi 6 février 2009
J'ai reçu le petit article ci-dessous à propos du nouveau véhicule "Koleos" de Renault. Ça vaut son pesant de cacahuètes, c'est le cas de le dire !

Par Emmanuel Quéritet
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Vendredi 3 juillet 2009
Fouiller derrière les messages, Emmanuel adore ça. Alors avec cette perche que lui tend le Ministère*, il ne s’en prive pas. Cette information peut vous paraître sans intérêt, pourtant elle est capitale. Elle signifie qu’Emmanuel est en vie… Comme les 12000 personnes sauvées sur les routes de France, mais aussi comme les 42 000 000 d’électeurs qui ne manqueront pas de remarquer cette vaste opération publicitaire.

Le dossier de presse officiel de l’opération nous informe que depuis le mercredi 24 juin : une campagne « Vies sauvées, continuons. » marque les efforts des Français, tout en appelant à maintenir la mobilisation. Déclinée en dix visuels qui sont présents dans les rues et dans les journaux de la presse quotidienne nationale et régionale, visible sur Internet sous la forme de vidéos, la campagne montre des portraits de femmes, d’hommes et d’enfants qui profitent de petits instants simples qui auraient pu être volés par un accident de la route. Le site www.les12000.fr est le prolongement du principe créatif de la campagne presse et affichage. Il montre des hommes et des femmes qui racontent aux internautes comment, grâce à eux, ils ne sont pas morts. En cliquant sur les personnes présentes à l’écran, l’internaute déclenche une vidéo dans laquelle le personnage raconte sa propre histoire, issue de son simple quotidien, en famille. Ce personnage rappelle à quel point « Ce sont les petits bonheurs qui font aimer la vie ».

M. Borloo lui-même déclare : « Cette nouvelle campagne, décalée par rapport au registre habituel de la Sécurité routière, parle de vies sauvées. En six ans, 12 000 personnes ont été épargnées sur les routes de France. Ce chiffre est uniquement dû au bon comportement des usagers. Les messages de cette nouvelle campagne cherchent à faire réfléchir sur tous ces rescapés de la route qui pourraient être n’importe lequel d’entre nous. Pour autant, le combat n’est pas fini : près de 12 personnes sont encore tuées chaque jour sur nos routes »
Un discours nouveau et inattendu, aux accents mobilisateurs, qui signifie en quelque sorte : regardez, nous avons sauvé 12000 personnes, bravo à tous. Et surtout, ne faiblissez pas les gars, on peut mieux faire !

Malgré tout, je m’interroge. Le concept et la stratégie, développés par l'agence Lowe Stratéus, ne s'apparentent pas à une campagne de prévention, car le message est bien trop indirect pour pouvoir être compris par les automobilistes. Des recherches récentes en accidentologie tendent à démontrer que lorsque les messages de prévention se montrent trop évasifs, allusifs ou éloignés du sujet, ils ne sont pas remarqués et encore moins compris par les publics visés (n’insistez pas, je ne vous parlerai pas de la campagne sur les IST). Ce serait donc une campagne pour féliciter les français de leur bon comportement routier ? Sommes-nous des enfants ? Avons nous besoin d’un bon point ? Nous donne-t-on le choix entre le bâton du retrait de permis et la carotte de la campagne de félicitations ? Je ne peux tout de même pas oser croire que l’État, qui ne se veut plus « providence » aux dernières nouvelles, chercherait à infantiliser à ce point le bon peuple…
Mais alors, quel est le but de cette campagne ? Selon mon analyse, c’est tout simplement une campagne politique. Alors que de toutes parts montent des critiques de l’action gouvernementale en matière de sécurité, alors que les chiffres de la criminalité et des agressions violentes explosent, que les voitures continuent de brûler dans des banlieues où aucun problème n’a été réglé, le président (qui d’autre ?) se trouve mis en difficulté sur l’un des thèmes fort de sa campagne électorale et de son mandat : la sé-cu-ri-té. Réponse massive de l’État : cette gigantesque campagne publicitaire assortie d’un plan média mammouth (le prix aussi doit être pas mal) qui nous explique que maintenant, nous sommes davantage en sécurité sur les routes, puisqu’on y meurt moins. Un discours inattaquable, une stratégie imparable.
Merci qui ?

* ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, secrétariat d’État chargé des Transports et délégation interministérielle à la Sécurité routière
Par Emmanuel Quéritet
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Vendredi 6 novembre 2009
Actualité chargée ces derniers jours avec deux polémiques autour de spots publicitaires : l'une à propos de la campagne du fromage AOC Cantal, l'autre sur le spot TV de la marque de poulets "Le Gaulois".
Deux fausses notes que l'on aurait bien tort de mettre dans le même sac…


Chantal, t'as oublié le Cantal !



Marie-Georges Buffet, bien prénommée pour faire la part des choses ou plutôt des genres masculin-féminin, est montée la semaine dernière au créneau pour demander l'interdiction de cette campagne, jugée selon elle sexiste : "Cette publicité est tout à fait l'inverse de l'évolution des mentalités vers le partage des tâches et la non violence à l'égard des femmes". Elle relayait ainsi le discours des Chiennes de Garde qui, quelques jours auparavent avaient demandé l'interdiction de cette série de spots "qui cautionne la violence machiste avec l'argent public".
Vous n'aurez pas manqué de voir le petit clip ci-dessus et je suppose, constaté de vous-même qu'il n'y a pas mort d'homme (Elle est bien bonne celle-là, tiens, je me la garde pour plus tard)… Plus sérieusement, si on commence à fustiger ce genre de clip qui, justement, joue sur l'humour et une situation caricaturale comme ressort scénaristique, on va vraiment finir par s'ennuyer en regardant les pubs à la télé. Ok, l'humour est un peu potache, voir même lourdingue au point qu'on dirait que le scénario a été écrit par Jean-Marie Bigard, mais je suis sincèrement convaincu qu'au final le fromage en retirera une image populaire et familiale, ce qu'il doit certainement rechercher…
Polémique inutile ? Oui.
Prétexte saisi par une femme politique en perte de vistesse pour exister dans les médias ? Sans aucun doute.


C'est la teuf' chez les poulets Le Gaulois




Si l'on en croit ce clip, chez Le Gaulois, les poulets s'éclatent en dansant le french cancan. Plutôt marrant au premier abord, et puis ça doit leur faire de belles cuisses. Seul petit problème : dans la réalité, un élevage de poulets Le Gaulois, ça ressemble plutôt à ça :


J'ai entendu cette semaine un représentant des syndicats de publicitaires tenir les mêmes arguments à propos de ce spot, que moi à propos du spot Cantal. En gros : si on ne peut plus rigoler, ça va devenir bien ennuyeux la pub.


Sauf qu'ici le problème est largement différent. Si le Cantal fait la promotion d'un fromage de qualité (avec un peu de maladresse, je le reconnais), Le Gaulois cherche en revanche à nous vendre ce qui se fait de pire en matière d'agriculture productiviste : le poulet en batterie. Tout cela avec un message propre à fausser la perception du consommateur quant à la réalité des conditions d'élevage des animaux, ce qui est beaucoup plus grave.
Dans ce cas, il est clair que la ligne rouge a été franchie et que l'agence qui a conçu le spot porte sa part de responsabilité. Voilà qui ne redore pas le blason de la publicité qui passe une fois de plus pour un "valet-servile-du-grand-capital".
Mais, ai-je envie de dire (et donc je le dis), toutes les agences ne sont pas comme ça. Oui, partout en France des agences conseil, dont nous faisons partie, se dressent contre les messages mensongers, le baratin, l'éco-blanchiment, et prônent un comportement responsable, notamment au niveau des messages.
À bon entendeur…

Quelques liens intéressants :
- Observatoire de la publicité (citoyen et indépendant)
- Les publicitaires contre l'écoblanchiment
- L'autorité de régulation professionnelle de la publicité
- Ecoblanchiment.com (attention pub déguisée pour un parti politique)
Par Emmanuel Quéritet
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