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Mardi 12 février 2008
Ça faisait un moment que j'avais envie de relayer cette info entrevue dans Télérama : FIP, soit "France Inter Paris" revient à Toulouse, à partir du 15 mai sur 103.5 FM
Info anodine pour certains, soulagement infini pour les autres, c'est à dire tous ceux qui, comme moi aiment vraiment la musique. Je me souviens avec une infinie nostalgie de "Radio France Toulouse" qui diffusait, sur la fréquence 95.2 FM, les programmes musicaux de FIP entrecoupés de courts flashes d'info locale. De longues séquences de 6 à 8 heures de musique sans que le même morceau soit diffusé deux fois, tous les styles abordés, du classique au punk rock, en passant par la chanson française, l'opérette, le dub, le jazz, le blues, le rock, uniquement des sélections qualitatives, bref le caviar de la musique en radio. Un beau jour des messieurs de Paris ont décidé de remplacer Radio France Toulouse par le Mouv'... Radio "djeun'z" essentiellement ciblée sur le petit blanc de 15 à 25 ans, habitant plutôt en centre ville et lecteur assidu des Inrockuptibles. Tollé général. Je m'étais dit : "faut voir"... Je n'ai pas mis longtemps à comprendre que cette station, après des balbutiements plutôt novateurs, allait rentrer dans un moule abêtissant, cherchant à concurrencer les radios commerciales. Des rotations de 10/12 titres, aucune prise de risque en programmation, que du "mainstream"... Bref, l'ennui... Un ennui "rock", mais un ennui quand même...
Heureusement, la direction de Radio France a compris qu'il restait quelques amateurs de musique en "province" et a enfin décidé de diffuser à nouveau sa programmation de qualité vers les oreilles toulousaines. Un grand merci à eux et tous mes vœux de survie à l'audiovisuel public sans financements publicitaires (j'en reparlerai)...
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
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Mercredi 28 mars 2007
Chère Maman,

Tu peux être fière de ton fils. Comme tous les téléspectateurs, je fais régulièrement des bonds sur mon canapé devant les inepties que débite le tube cathodique. Je râle, je m'indigne, je peste et quand j'ai atteint le stade ultime de l'énervement je n'ai plus que deux solutions :

1 : Éteindre la télé
Solution raisonnable, économique, et finalement la plus recommandée.

2 : Écrire à Télérama
Réaction typique de l'intello masochiste. Pourquoi masochiste ? Parce que d'après les derniers calculs délivrés par les supercalculateurs de la Nasa, toute personne écrivant au courrier des lecteurs de Télérama n'a qu'une chance sur 10 585 399 de voir sa lettre publiée. La personne en question s'expose donc à une immense frustration en ouvrant son hebdo préféré, du genre : « Tiens, il n'ont pas publié ma lettre... :-( Ch'uis trop nuuuul... »

Mais, tu vois, Maman, cette fois-ci j'ai eu de la chance. En quelque sorte, mon heure de gloire est arrivée : Télérama a publié mon courrier !

Je peux donc mourir en paix...

Mais avant ça je vais quand même aller faire un loto, au cas où ça soit vraiment mon jour de chance.

Je t'embrasse Maman chérie.



(Ci-contre l'extrait du Télérama 2985 du 28 mars 2007)->
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
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Mercredi 7 mars 2007
Les créateurs de nouveaux journaux sollicitent Artmony de façon récurrente. Ne serait-ce qu'en 2006, j'ai été contacté trois fois par des éditeurs de magazine en herbe : un sur le cinéma, un sur le rugby et le dernier était un projet de conso-mag gratuit. À chaque fois, on me demande de chiffrer la création du gabarit de mise en page et la direction artistique au numéro. À chaque fois, je réclame des précisions sur le projet : concept éditorial, structure rédactionnelle, diffusion et cibles, etc. Et à chaque fois la réponse que j'obtiens est un grand point d'interrogation. Particuliers, entreprises, collectivités, nombreux sont ceux qui formulent à un moment où à un autre un projet de journal périodique. Mais peu d'entre eux sont en mesure d'appréhender correctement cet exercice complexe. Pour répondre à leurs besoins, Yann Le Chevalier publie aux éditions Pyramyd un guide pour créer son journal... sans peur et sans reproche !

Le GUIDE PRATIQUE D'ÉDITION « Votre Magazine de A à Z » est conçu comme un manuel pratique à l'attention de toute personne désirant communiquer sur un support papier. Il aborde toutes les facettes de l'édition de presse : aspects juridiques, économiques, rédactionnels et techniques. Au-delà de cela, il propose également une méthodologie de mise en œuvre. Pour en savoir plus sur Yann Le Chevalier, l'auteur de l'ouvrage, et ses intentions, nous lui avons proposé de répondre à une petite interview en trois questions :

Yann, bonjour, peux-tu nous parler de ton parcours dans les métiers de l'édition ?

Yann Le Chevalier : En changeant plusieurs fois d'entreprises, j'ai eu la possibilité de parcourir tous les métiers de la chaîne éditoriale. J'ai été ainsi, et dans le désordre, graphiste, chef de fabrication, journaliste, rédacteur publicitaire, rédacteur en chef, correcteur, secrétaire de rédaction. Aujourd'hui, dans mon métier d'éditeur et d'agence d'édition, ces expériences me servent beaucoup, car je connais ces métiers « de l'intérieur ».

Et comment t'es venue l'idée de ce guide ?

YLC : J'ai été amené à donner des formations pour adultes et des cours en BTS édition. Je me suis rendu compte que bien des personnes en charge d'une publication venaient soit du journalisme, soit de la communication et avaient les réflexes de leurs métiers mais ignoraient presque tout des impératifs des autres partenaires. Par exemple, les personnes formées à la rédaction survolent les impératifs techniques de production, ce qui produit des dysfonctionnements. Il arrive aussi que des personnes soient « parachutées » sur une mission d'édition et ne savent pas du tout comment s'y prendre. Il fallait donc un guide qui fournisse à la fois une méthodologie et des approfondissements dans chaque domaine, pour que les personnes soient en mesure de gérer l'intégralité du projet et de discuter avec tous les intervenants.

Dans ce blog, nous nous sommes souvent interrogés sur l'avenir de l'édition en général et de la presse en particulier. Certains sont assez pessimistes, d'autres moins. Quel est ton point de vue sur l'évolution de cette filière ?

YLC : Je crois qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter outre mesure. Bien sûr l'écrit est concurrencé par l'audiovisuel, mais tout comme le théâtre l'a été par le cinéma, puis le cinéma par la télévision. Les domaines de chacun trouvent de nouvelles limites, mais aucun ne disparaît. L'écrit et la lecture comme moyens de communication ont trouvé un nouveau développement avec Internet - notamment par les blogs ! Mais il faut préciser de quels écrits on parle : si la correspondance par mails et SMS augmente, la production de littérature et de textes d'information de qualité reste une affaire de « spécialistes » aptes à transmettre efficacement et agréablement leurs pensées. Il en va de même pour l'édition : avec les mêmes moyens techniques (qui sont maintenant à la portée de tout le monde) et aux mêmes coûts, on peut produire une feuille de chou qui décevra, ou un magazine de qualité qui trouvera ses lecteurs. Dans tous les cas, c'est une question de savoir-faire.

Merci, Yann, pour ces éclaircissements. Tous ceux qui sont intéressés par le guide (176 pages, 17 euros) peuvent le feuilleter, consulter le sommaire et le commander en ligne sur le site des éditions Pyramyd.
 

Artmony et Yann Le Chevalier : une collaboration réussie autour du Magazine municipal Toulouse Cultures.
En 2006 les sociétés In Extenso et Artmony ont été retenues suite à un appel d'offres de marché public pour répondre aux objectifs de redynamisation du mensuel culturel de la Mairie de Toulouse. Suivant les directives de la direction de la communication, nous avons proposé une nouvelle maquette adaptée à l'univers culturel et Yann Le Chevalier a mis en place un circuit organisationnel court et efficace. En véritable chef d'orchestre, il récupère les données, les articles et les images qu'il organise autour d'un chemin de fer de 64 pages d'après les consignes données par le client en conférence de rédaction. Les éléments nous sont ensuite envoyés en flux tendu. Isabelle se charge de la direction artistique et Julie de l'exécution graphique. Yann Le Chevalier effectue ensuite le secrétariat de rédaction au fur et à mesure jusqu'à l'envoi en impression. La production du magazine mobilise une bonne partie de nos deux structures sur une durée de 10 jours. Nous avons ainsi réalisé ensemble 12 numéros et, nous n'en doutons pas, le meilleur reste encore à venir !
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
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Jeudi 25 janvier 2007
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais, depuis le début du mois, la grande distribution, premier annonceur de France, devant l’automobile et la téléphonie, a enfin obtenu le droit de se promouvoir à travers le tube cathodique. Des années que les grandes enseignes attendaient ça ! Du point de vue du consommateur, habitué au matraquage, pas grande différence : quelques marques de plus dans les tunnels du prime-time. Du point de vue économique et culturel, en revanche, les pessimistes s’attendent à des effets secondaires indésirables.

Une aubaine pour les chaînes de télévision.
D’après les chiffres publiés dans Stratégies du 11 janvier, c’est TF1 qui s’est taillé la part du lion, suivi par M6. À eux deux ils absorbent 84% de cette nouvelle manne publicitaire. France 2, France 3 et France 5 sont loin derrière, avec Canal+ comme bon dernier. Mais comme le fait remarquer Alexandre Debouté, l’auteur de l’article, les budgets n’étant pas extensibles à l’infini, nous assisterons à des transferts dont les autres medias feront les frais. « Les transferts de budgets toucheront la publicité non adressée (Champion supprimera 2 catalogues en 2007), mais surtout les grands medias nationaux. […] Selon une étude Ad Barometer, les recettes publicitaires vont diminuer en 2007 de 37 millions d’euros pour l’affichage, de 33 millions pour la radio, de 28 millions pour la presse quotidienne et de 22 milllions pour la presse magazine.»

Un drame pour la presse quotidienne régionale ?
C’est ce que sous-entend, dans le Télérama de la même semaine, Vincent Rémy, dont la « grand-tante du Jura et la cousine du Périgord s’inquiètent pour le sort de leur quotidien régional, qui risque de voir fondre ses recettes publicitaires, alimentées par les annonces des supermarchés du coin ». Effectivement, il souligne aussi le fait que le montant total de l’investissement publicitaire ne sera pas augmenté et que donc on risque fort de « déshabiller Pierre pour habiller Paul ». Je ne vous cache pas que cette vision des choses m’a laissé un peu inquiet. Je suis en effet très attaché à l’écrit et à tout ce qui s’y rapporte et les sombres perspectives de l’édition en général me flanquent régulièrement le cafard.

La vision d’un homme de terrain
Il y a deux jours, j’étais en réunion avec un commercial d’un grand quotidien régional et je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander son avis sur la question. Il m’a indiqué que, selon ses sources, les perdants de l’histoire seront les grands quotidiens nationaux et la presse magazine. En effet, il y a, d’après lui, fort à parier pour que la majeure partie de la communication institutionnelle passe par la télé, mais la communication commerciale (promos, etc.) restera, voire sera renforcée, sur les médias de proximité (PQR et radio). Pour l’instant, il est trop tôt pour voir une tendance se dessiner, mais il m’a promis de me tenir au courant. Tout en me disant, clin d’œil à l’appui, que si il ne m’appelait pas c’est qu’il n’aurait rien d’interessant à me dire (sous-entendu, qu’il s’est planté dans ses prévisions).

En conclusion : pas de panique, pour l’instant, pour la PQR. Mais, on le voit, l’avenir reste bien sombre pour la presse en général, qui, d’après ce même commercial, n’existera plus dans 90 ans (!). Je vous laisse avec cette prophétie de Cassandre, tout en me disant que d’autres articles feront suite sur ce thème riche et passionnant.
par Emmanuel Quéritet publié dans : Presse, édition, médias
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